__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

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17 octobre 2013

Eléments de présentation du marché des drones civils

« Un secteur est en train de naître. Et on le sent. Le drone civil virevolte dans les médias » (Les Echos)

Il existe une grande agitation autour des aéronefs télépilotés (ndlr : le langage de la DGAC pour qualifier les drones civils). Mais il ne faut les confondre avec beaucoup d’appareils que les militaires utilisent. Leurs performances, la charge utile et la complexité du système sont bien souvent très différentes. L’activité professionnelle du drone civil se développe rapidement grâce à deux arrêtés pris par le gouvernement en 2012 (cf ci-dessous).  Énormément de sociétés se positionnent sur de la conception de drones et / ou sur de la prestation de services pour des industriels (inspection d’un réseau de distribution d’électricité ou d’infrastructures, relevé du niveau d’azote au dessus de terres agricoles, relevé topographique…) ; pour l’audiovisuel (une société de production a employé des drones pour filmer en avance les monuments marquants traversés par le Tour de France) ;  pour les services de l’Etat ayant un besoin de surveillance ou d’évaluation (incendie, catastrophe naturel, secours…)…

Pour bien comprendre le cadre général des drones civils en France, voici l’interview d’Emmanuel Remy, président d’UAS Conseil, qui présente l'emploi, les applications et les enjeux des drones civils :




Réglementation: 
Il faut souligner que la France a pris en 2012 de l’avance dans le développement et l’exploitation des drones civils. Le cadre réglementaire français qui régit leur activité repose sur les deux arrêtés du 11 avril 2012 « relatif à l'utilisation de l'espace aérien par les aéronefs qui circulent sans personne à bord » et celui « relatif à la conception des aéronefs civils qui circulent sans aucune personne à bord, aux conditions de leur emploi et sur les capacités requises des personnes qui les utilisent ». Le marché s’articule autour de quatre scenarii de vols (présentés ici par la Fédération Professionnelle du Drone Civil).
Beaucoup considèrent le cadre réglementaire comme trop limitatif mais la DGAC a pris l'initiative d'ouvrir le marche et est allée aussi loin que possible. La première étape consiste à éprouver les drones et vérifier leur fiabilité pour à moyen terme élargir le champ d’applications et convaincre l’autorité européenne – l’EASA. Une affaire de temps… dans la crainte que les professionnels français perdent leur avance face aux Etats Unis (Drones civils : l'Europe risque de rester à la traîne derrière les Etats-Unis)

La tension est donc très forte sur la réglementation de la DGAC. On vous rapporte ici la situation où un système de drones (deux appareils et une station sol de contrôle) de la Sécurité Civile « ne peut quasiment pas utiliser ses appareils du fait des contraintes réglementaires » (Usine Nouvelle). La société Bertin qui commercialise le drone HoverEye-Ex s’est plaint publiquement de la « réglementation castratrice » de la DGAC sur l’emploi des drones civils.  



Applications: 
Exemple d'une inspection de lignes à haute tension pour anticiper des mesures de maintenance sur les équipements.

En France, ERDF a un fort besoin d’évaluation de son réseau électrique et ses entités régionales ont de plus en plus recours aux services de prestataires de drone. 
ERDF Rhône-Alpes a contracté avec la société Delta Drone pour utiliser leurs appareils dans le cadre d'opérations de maintenance de lignes basse et moyenne tension. Les besoins d’ERDF :
- une cartographie en 3D de ses transformateurs de forte puissance
- une expérimentation pour détecter des incidents sur les lignes électriques en région et la réalisation de diagnostic pour les campagnes d'élagage périodique autour des lignes aériennes. (F3 Rhône-Alpes)


ERDF Midi-Pyrénées a choisi Delair Tech  pour  survoler le réseau moyenne tension du Gers (Sud Ouest). Delair présente également le survol par drone de l'usine hydroélectrique de Vouglans pour le compte de Veolia (ici).  

Les sociétés présentes dans la FPDC: 
Présentation d’Azurdrones


Présentation de RedBird


Présentation d’Infotron 

Présentation de Fly N Sense

                                                                                                                                                 


Le cas américain: 
Aux Etats Unis, le marché des drones civils est poussé à la fois par des industriels de la défense comme AeroVironment qui a fourni des milliers des drones légers pour les militaires et qui veulent se diversifier, par d’anciens de la Défense comme Jonathan Downey ex-Boeing et fondateur d’AirWare, et par des startup (3D Robotics ; Skycatch…) qui apportent des nouvelles technologies à un coût très bas. Les deux principaux freins du marché sont la sécurité aérienne et l’évolution du cadre réglementaire.
Verbatim: “ One of the existing defence contractors that is more excited about the potential domestic market is AeroVironment, which sells military products such as the Raven, a small surveillance drone that is launched by hand, weighs around 2kg and costs $40,000. The company believes that lower costs and its history selling to the Pentagon will give it advantages when pitching to the farmers and other civilian customers who might begin to buy drones. “ (FT)
Chris Anderson, 3D Robotics: Its company “sells small, easy-to-assemble models that can cost as little as $500. […] The PC beat out the mainframe and the cell phone beat out satellite phones. The bottom-up model fits for fast-moving technologies. It is easy to see the same thing happening with drones.“ (FT)



Autres articles : 


06 octobre 2010

L'Aquitaine et Bordeaux en soutien de la filière drone

La Région Aquitaine et Bordeaux poursuivent leur soutien à la filière drone sur leur territoire (convention à Eurosatory en juin, cluster systèmes de drones en juillet). La récente convention d'affaires UAV Europe, organisée par Bordeaux Technowest en septembre dernier témoigne du volontarisme affiché par les collectivités pour stimuler une filère jugée très porteuse. La Région Aquitaine s'appuie sur le groupe Thales et sa filiale Thalès Systemes Aeroportés pour animer la filière (site de Pessac, 900 salariés). Depuis déjà plusieurs années, Thales s'est engagé soit dans le soutien de PME innovantes soit dans un partenariat avec des laboratoires de recherche.

22 septembre 2010

UAV Europe, pour la promotion des drones dans le civil

Retour sur la convention d'affaires "UAV SHOW EUROPE" qui s'est tenue la semaine dernière à Bordeaux avec pour objectif de reunir tous les acteurs de la filière Drone au niveau international dédiée aux applications civiles. Le domaine civil est bel et bien le nouveau territoire à conquérir pour les industriels du secteur. Les usages possibles sont nombreux et le marché n'attend qu'une évolution rapide de la réglementation aérienne pour lancer des dizaines de prestations employant ces engins (cartographie, surveillance, secours, IR...).

L'Aviation Civile, pourtant, souhaite éviter toute fuite en avant et entend bien évaluer tous les paramètres techniques avant d'autoriser les vols de drones civils dans l'espace aérien. Quand l'on voit les difficultés qu'ont les collectivités territoriales pour réaliser des cartographies aériennes avec des hélicoptères, on se dit que la route est encore longue avant que les autorités compétentes laissent voler les Unmanned Aerial Vehicle au dessus de zones habitées.

21 janvier 2010

Des drones au service des « techno guérillas »

Utilisé aussi bien dans la lutte contre la piraterie maritime au large des côtes somaliennes que contre les bases des Talibans au Pakistan, le drone est une arme sophistiquée utilisée dans un rapport de force du « fort au faible ». Or, ces derniers temps, une nouvelle forme de drone plus rustique et produit à faible coût mais tout aussi efficace semble apparaître sur les marchés de l’armement au point d’inverser le rapport de force du « fort au faible » à celui, plus asymétrique, du « faible au fort ».

Construits dans des registres tout aussi offensifs comme celui du brouillage ou de l’attaque d’objectifs ciblés, les drones « SW-6 » chinois et « Smerch » russes pourraient ainsi se retrouver aux mains d’adversaires que l’on croyait dépourvus de moyens sophistiqués, face à des troupes occidentales qui seraient confrontées ainsi à un scénario de type « techno guérilla ».

1) Le concept de « techno guérilla ».
L’analyse de certaines « Road Side Bomb » aux mécanismes très sophistiqués et autres « Improvised Explosive Device » (bombes artisanales) utilisées en Afghanistan contre l’OTAN, montre que les guérillas contemporaines ne sont pas des objets a-technologiques. De ce point de vue, le fait technologique induit un impact sur la stratégie des groupes insurgés ou terroristes (Talibans, réseau Al Qaida) au même titre qu’il produit un impact sur les structures de force étatique tentée par l’utilisation des « techno guérilla » (Chine, Iran). Ce même fait et cette instrumentalisation posent ainsi la question de la mutation des mouvements insurrectionnels/de guérillas/terroristes vers des formes plus techniques, confinant au modèle de la techno guérilla.

Le concept de « techno-guérilla » remonte aux années 70. Il est en partie issu d'une intense réflexion s'étant développée dès la fin des années 60, en France et en Allemagne, autour de la possibilité de dissuader une agression soviétique éventuelle par la perspective d'une guérilla permanente mais employant des armements de haute technologie. Ce courant a été développé en France par le Chef de Bataillon Guy Brossolet (« Essai sur la non-bataille »). La diffusion de ces idées a produit un débat portant sur le développement de « stratégies alternatives », portant sur des doctrines et des propositions également qualifiées de « défense non-offensive/Non-Offensive Defence » (NOD). Ainsi, l’utilisation de technologies de pointe dans un cadre défensif, face à un ennemi supérieur en nombre et en matériels et cherchant à envahir le territoire, privilégiait l’attrition dans les rangs de l’adversaire, sur la manœuvre.
2) La vision chinoise de l’emploi de drones dans le cadre de la « techno guérilla ».

Depuis le 16ème siècle, la marine chinoise est marquée par des options de défense côtière. Sa structure de force s’est essentiellement articulée autour d’un très grand nombre de patrouilleurs et de sous-marins assurant une fonction d’éclairage/reconnaissance. Or, depuis les années 1980, il est apparu qu’elle s’est dirigée vers le développement de capacités de haute mer. Elle a alors réduit un certain nombre de déficiences touchant à sa couverture antiaérienne, à la lutte anti-sous-marins et aux opérations sous-marines. Les années 2000 sont celles des évolutions dans le domaine des opérations amphibies. Les années 2010 seront très vraisemblablement celles du développement des capacités aéronavales embarquée. C’est dans ce cadre qu’apparaissent les drones chinois type An Jian et SW-6. Le but, pour le premier, est d’effectuer des attaques bien ciblées sur des avions ennemis ou des objectifs adverses, alors que le second a pour rôle de brouiller les systèmes d’autodéfense adverse afin de rendre les navires ennemis vulnérables le temps de l’attaque.

2a) Le drone An Jian
La Chine ne cesse de développer un nombre toujours plus important de systèmes d’armes innovants. « An Jian » (Dark Sword), est un drone conçu par l’Institut de recherche sur l’étude d’avion de Shenyang Aircraft Research Institute du groupe industriel AVIC (China Aviation Industry Corporation), et a été exposé pour la première fois au Salon international de l’aéronautique et de l’espace de Paris en 2007. Cet avion sans pilote supersonique et furtif possède une capacité de propulsion considérable. Il sera utilisé pour le combat aérien dans le futur. Il est capable d’opérer à basse altitude et dispose d’une très grande agilité. Si peu d’informations circulent sur la crédibilité et l’avancement du programme, les évolutions stratégiques actuelles de la défense chinoise et sa volonté de superposer des concepts classiques avec du matériel de « techno-guérilla » nous portent à croire que ce démonstrateur de drone préfigure une réelle volonté de développer ces technologies de pointe. Il peut entre autres offrir des solutions à des pays ne possédant pas d’un budget suffisant pour s’offrir une aviation de chasse. Moins cher et plus rustique que les drones occidentaux, il serait destiné aux pays frappés par les embargos américains et européens, comme l’Iran par exemple.

2b) le drone SW-6
Les drones font clairement partis des axes de recherche prioritaires des ateliers de conception d’armements chinois. Le concept SW-6 développé par la société AVIC et qui fut présenté au dernier salon du Bourget est à ce titre intéressant à étudier et dans sa conception, et dans son principe d’emploi. Drone consommable de brouillage des systèmes radars adverses, l’originalité de celui-ci réside dans sa mise en œuvre. En effet, le drone SW-6 est conditionné dans un conteneur largable par avion. Une fois le conteneur largué, celui-ci s’ouvre, permettant l’éjection du SW-6. Une fois éjecté, celui-ci déploie ses voilures et son empennage, permettant dés lors la mise en marche d’un petit moteur de propulsion à hélice.
Ainsi la mise place du drone au dessus de son objectif se fait par l’aviation, ce qui permet une approche moins brutale que le transport et l’éjection par roquette comme le pratiquent les russes pour leurs drones produits à faibles coûts. Au vu de la petite taille du SW-6, un chasseur-bombardier peut en larguer plusieurs au cours de la même phase d’attaque, contre un porte avions ou ses navires d’escorte par exemple. La saturation électronique du système de défense adverse s’en trouve ainsi facilitée.

La volonté clairement affichée par la société AVIC, associée au faible coût du drone, est de trouver des clients à l’export, au sein de pays ne disposant pas forcément d’un grand budget pour leur défense. Surtout, ce système de drone peu onéreux peut aussi être employé de façon déclinée à partir d’un autre support, par des forces non conventionnelles, des milices ou des guérillas, cherchant à saturer les systèmes électroniques de protection de bases terrestre par exemple, pendant une phase d’attaque au sol par des insurgés.
Cela fait de ce drone un matériel type pour un emploi dans le cadre d’une « techno-guérilla ».

3) Le modèle russe : le concept « Smerch ».
Dans le cadre de ses recherches pour la production d’un drone de captage d’informations à bas coûts, la Russie a développé le concept Smerch, qui utilise une roquette pour mettre en place un drone.
Le modèle 9M534, projette en effet une roquette transportant un drone à plus de 90 kilomètres de son point de départ en 4 minutes. Celui-ci, de type 9M61, est produit par la société « Enics », à Kazan. Il est équipé d’une caméra d’observation et de moyens de transmissions de données d’une portée de 70 km. Son autonomie est de 20 minutes à 500m d’altitude. Il peut transporter une sous-munition bien que son emploi principal soit destiné à l’évaluation (BDA, Battle Damage Assessment) de la destruction en cours des objectifs visés par les tirs de roquettes amies, afin d’effectuer les corrections de tirs et d’envoyer les dernières salves. Il permet de baisser la consommation en roquettes de 25% jusqu’à la destruction totale de l’objectif, par sa fonction d’ « ajustement » des tirs. En service depuis 1987, le système « Smerch » a été vendu au Koweit en 1990 et à l’Algérie en 1999. La polyvalence du lance roquette pouvant se transformer en « lance drone » fait de cette arme un matériel intéressant pour les pays à faibles budgets militaires.

4) Une approche occidentale différente, le « QF-4 UD killer zombie » :
Les drones américains « Predator » et « Reaper » sont devenus depuis peu des armes primordiales dans le cadre de la lutte contre les talibans pakistanais. Mais ces matériels de guerre ultrasophistiqués ont un coût de fabrication et d’exploitation élevé. Un seul « Reaper » coûte en effet 100 millions de dollars. Afin de produire une forme de « drone » à faible coût, un centre d’étude américain appelé « AMARC » (Aerospace Maintenance and Regeneration Center), a envisagé le recyclage en « drones d’attaque » d’anciens avions de chasse « Phantom II F4 ».

Appelés « QF-4 Unmanned Drone », ces avions sans pilotes étaient à l’origine destinés à servir de cibles pour les séquences de tirs contre avions. Or, récemment, comme le montre la photo, un de ces « QF-4 UD » a récemment tiré un missile de type HARM (High Speed Anti-radiation Missile). Ce missile, employé contre les défenses anti-aériennes ennemies, capte le signal des radars de guidage des missiles sol-air adverses et se cale dessus jusqu’au moment de l’impact. Ce qui devait n’être qu’une simple expérience a attiré l’attention de nombreux observateurs sur place, au point peut-être d’imaginer une deuxième vie pour les « Phantom II F-4 » employés comme « drones » de destruction de batteries de missiles sol-air. En effet, un seul « QF-4 UD », équipé de 4 missiles « HARM » coûte 2 millions de dollars, ce qui n’est rien comparé aux 100 millions de dollars déboursés pour l’achat d’un « Reaper ». Cette étude reste cependant à l’état de projet pour l’instant, sachant que le but, hormis le bas coût de production, est d’économiser la vie d’un pilote en phase d’attaque de batteries sol-air adverse. Il ne s’agit donc pas ici, sur le plan tactique, d’une « techno-guérilla ». Cependant, si ce projet devait être mené à son terme, il pourrait inspirer des nations n’ayant pas les moyens de s’offrir une chasse moderne par le recyclage de vieux Mig 21 par exemple, en drones d’attaque.

Conclusion :
Les drones à faibles coûts de production font partie des nouvelles formes de « techno-guérilla » et semblent procéder d’une hybridation plus poussée entre les formes « régulières » (brouillage du champ de bataille…) et « irrégulières » (menaces d’attaques de bases de l’OTAN par des drones « talibans »…) de la guerre que ce que n’envisageaient initialement leurs concepteurs. Ces drones à faible coût de production seront de plus couplés avec des formes classiques de défense. Ainsi certains Etats pourraient ne plus se contenter de déployer des schémas de force traditionnels répondant aux stricts critères des défenses occidentales, mais superposer un concept de guerre classique à un concept de guérilla plus asymétrique et déroutant. Le concept chinois est caractéristique de ce fait. Exportable, il pourrait entraîner l’émergence d’autres systèmes de « techno-guérilla » (Iran, Algérie, Corée du Nord ?). Il semble en tout cas déjà assuré que les formes de guerre dont nous pourrions voir l’émergence dans les années à venir ne correspondront pas à la vision que nous pouvions en avoir au travers des derniers livres blancs sur la défense.


Arnaud

Sources :

13 janvier 2010

Le drone solaire pour des missions longue durée


L'Université aérospatial de Corée (UAE) et l'Institut des Sciences & Technologies avancées de Corée (KAIST) ont signé un protocole d'accord afin de développer ensemble un drone à énergie solaire capable d'effectuer un vol stationnaire à une altitude de 20.000 mètres pendant plusieurs mois avant de retrouver la terre ferme.
L'objectif final est de pouvoir créer un drone à énergie solaire d'une envergure de 40 mètres à l'horizon 2012, en combinant la technologie de l'UAE pour l'engin volant à moyenne altitude sans pilote avec celle des cellules solaires générateur d'électricité du KAIST. Les cellules solaires génèreront toute l'électricité dont le drone a besoin, comme la fourniture de courant au moteur à hélice. La nuit, l'énergie stockée dans la batterie au lithium-ion entrera en jeu pour aider le drone à rester à l'altitude programmée. Le premier prototype de drone solaire aura une envergure de 4 mètres et devra voler pandant 48 heures non stop. Il devrait être déployé au second semestre 2010. De son côté, la NASA s'était déjà essayée à ce type de construction. Le drone solaire baptisé "Helios" avait été conçu pour évoluer dans la stratosphère. Mais, lors d'un vol d'essai en 2003, ce dernier est tombé en panne à 8000 mètres d'altitude et s'est écrasé.
http://www.kaist.edu/edu.html
http://www.kau.ac.kr/english/
http://www.enerzine.com/1036/9009+le-drone-solaire-pour-des-missions-longue-duree+.html

21 novembre 2007

L’occident aide la Russie à reconstruire son industrie d’avions espions ?

L’avion russe à haute altitude Myasishchev M-55 fut développé en 1978 pour répondre au fameux U-2 de l’USAF pendant la guerre froide, que cette dernière utilisa intensivement, et qu’elle continue d’ailleurs d’utiliser actuellement.

Il convient de rappeler que les avions de reconnaissance ou d’espionnage selon leurs capacités jouent un rôle très important : les satellites optiques sont limités par la couverture nuageuse, et les satellites radars comme cosmo-skymed ou Sar-lupe ne sont pas répandus. La France elle-même alignait un escadron de Mirages IV supersoniques pour la reconnaissance aérienne il y a encore pas très longtemps.

L’avionneur russe négocierait en ce moment même avec un industriel occidental pour l’utilisation du M-55 à des fins civiles : en tant que relais de télécommunications. L’idée n’est pas saugrenue puisque cette solution est relativement peu onéreuse et souple d’emploi. Le M-55 présente des caractéristiques avantageuses : il est équipé de réacteurs de 4,5 tonnes de poussée chacun, il a une vitesse de croisière de 740 km/h, un rayon d’action maxi de 5 000 km et croise à une altitude de 17 000 mètres jusqu’à 21,500 m. Plus cette altitude est élevée, plus la zone couverte par le relais de télécommunication est étendue. De plus il peut emporter une charge utile de 2 tonnes.

Certes il s’agit là d’un projet civil, mais l’intérêt reste tout de même que cela permettrait au constructeur russe de remettre la chaine de production en route. Par ailleurs, l’armée russe profite d’un retour des investissements. Un tel avion peut être très utile. Il est donc logique de se demander si l’aviation russe ne va pas en profiter, dans un deuxième temps. Surtout si l’appareil profite d’une mise à niveau technique financée par l’industriel occidental…n’y a-t-il décidément pas assez de concurrence dans l’industrie aéronautique ?

16 novembre 2007

Les drones : acteurs clefs dans la suprématie des océans

« Qui tient les hauts, domine les bas »…et les fonds sous marins !

Le projet BAMS BROAD AREA MARINE SURVEILLANCE développé pour l’US Navy en est une illustration : comment contrôler les océans alors que la Navy rencontre des difficultés à maintenir un nombre important de navire alors et que leurs couts de conception ne cessent d’augmenter ?

La réponse ne vient pas du monde sous marin : les sous marins de la classe VIRGINIA ne sont pas tous livrés, les SEA WOLFS ne donneront naissance qu’à un seul exemplaire et le programme LCS LITTORAL COMBAT SHIP fait face à une explosion des couts ! La réponse vient du ciel : grâce aux patrouilles aériennes longue portée.

A ce titre il faut mettre en corrélation le projet P8-A POSEIDON MMA, qui consiste en une version militarisée du Boeing civil 737, et le projet BAMS. Ce dernier est basé sur l’usage …de drones longue endurance. Les prototypes en compétition sont les RQ-4N Global Hawk de NORTHROP GRUMMAN et le Mariner développé par General Atomics et LOOCKHEED MARTINS.

Rappelons que le Global Hawk dans sa version RQ-4A a une autonomie de 41h, de quoi couvrir de longues distances. Son challenger le MARINER est basé sur le MQ-9 PREDATOR qui affiche une autonomie de 30H sans charges externes (pour le PREDATOR B), mais ce sera une version à plus grande envergure.

Avec une bonne autonomie, une capacité à opérer à 3000 miles marins de la base, et une liaison directe par satellite ces appareils feront de très bons patrouilleurs de reconnaissance. De concert avec les P-8A MMA l’ensemble formera une dynamique à priori efficace.

Encore une fois, le salut vient du ciel. L’US Navy qui regarde avec anxiété le rapide développement de la marine Chinoise, et qui doit lutter pour garder un nombre assez important d’unités pour contrôler les océans, ne s’y est pas trompé. Par ailleurs les drones feront merveilles pour surveiller automatiquement les détroits sensibles. Ceci nous montre l’importance vitale de l’espace aérien pour Washington, et le coup d’accélérateur dans le développement des drones qui s’imposent dans toutes les armes : à ce titre rappelons que le plan d’investissement dans les drones adopté en mars 2003 prévoyait un investissement de 10 milliards de dollars d’ici 2010 dans ces systèmes plus que tout autre pays. Et le seul projet BAMS a déjà couté 1.3 milliards de dollars.