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06 décembre 2011

Ruello : Dassault Rafale, l'Etat et Abu Dhabi


Analyse à lire dans les Echos d'Alain Ruello sur l'avenir du programme Rafale à l'aune de son nouvel échec en Suisse (où l'avion s'est incliné face au Gripen) et de l'incertitude qui plane aux Emirats Arabes Unis.

A l'occasion du dernier Dubai Air Show, les autorités des EAU avaient publiquement critiqué la proposition du consortium Rafale. Le Cheikh Mohammed lançait à propos de la France et de Dassault : « Bilateral relations have never been stronger and his constant personal intervention in this process has sustained Dassault at the forefront of our considerations [...] Regrettably, Dassault seems unaware that all the diplomatic and political will in the world cannot overcome uncompetitive and unworkable commercial terms ».

Michel Cabirol de la Tribune rapportait des propos acerbes à l'encontre de Dassault : « Ils - les EAU - sont fâchés avec Dassault Aviation et en ont assez d'eux [...] Depuis la reprise en main par Alain Juppé du dossier Rafale aux Emirats, tout le monde en France marche dans le même sens pour vendre le Rafale... sauf Dassault ».

Comme la pression monte sur lui, Dassault est obligé de réagir en suivant deux arguments:

1. Comme le rappelle Alain Ruello des Echos "Les médias ont beau en avoir fait une cible facile, leRafale concentreune vingtaine de technologies stratégiques que très peu de paysmaîtrisent. Il s’agit du radar, des équipements de guerre électroniques ou encore de l’optronique ou du guidage inertiel. Contrairement, là encore,àcequecertainsestiment,l’avion tricolore n’est pas dépassé, quand bien même son premier vol remonte au milieudes années 1980. Ses concurrents américains,F16 de Lockheed Martin par exemple, affichent bien plus d’ancienneté aucompteur. Autrement dit, et c’est un point largement oublié, un avion de combat vit longtemps, très longtemps, parfois jusqu’à cinquante ans."

2. L'obtention d'un contrat d'export est indispensable, dans un contexte budgétaire tendu, pour maintenir les "centaines d’emplois hautement qualifiés dans les bureaux d’études de Dassault, Thales ou Safran". Et Alain Ruello lance cet avertissement "S’ils - les EAU- ne signent pas, il sera dur demaintenir cette compétence."



17 avril 2008

L’Inde - le contrat du siècle pousse à faire des concessions

L’Inde a pour ambition de renouveler une grande partie de ses avions de chasses (Mig-21), surtout que ceux-ci sont constitués de plusieurs types d’avions d’origines variées : l’Inde dispose en effet de Mirage 2000, de Mig-21, Mig-27, Su-30, et de Jaguar. L'Inde a aussi développé le LCA.

Le marché porterai sur l’acquisition de 126 appareils : autant dire le marché du siècle, et nombreux sont les prétendants. Dassault bien sûr avec son Rafale, EADS et l’Eurofigter, SAAB avec le GRIPEN, Boeing propose de son coté son FA-18 SUPER HORNET et LOCKHEED MARTIN le F-16. Or pour l’emporter, chaque constructeur n’hésite pas à faire des offres de plus en plus intéressantes.

Mais la Russie est aussi intéressée par ce marché et propose le Mig-29 ou son Mig-35. D’ailleurs ROSONBORONEXPORT semble prêt à de nombreuses concessions pour remporter le marché, comme en témoigne la déclaration faite le 12 mars dernier parle constructeur russe RSK Mig : "Si le gouvernement indien décide d'acheter des chasseurs MiG-35 ultramodernes, nous mettrons à sa disposition des technologies clefs mises en place pour ces chasseurs, y compris celles qui ont trait à la cinquième génération. Les coproductions industrielles avec l'Inde prendront une nouvelle dimension". En somme, non seulement il y aura un transfert de technologies, mais en plus de cela cette proposition semble appuyer la volonté Russe de mettre en place un véritable partenariat stratégique entre la Russie et l’Inde pour développer de concert un avion de 5ème génération.

Les USA ont bien indiqué qu’ils seraient prêts à autoriser l’acquisition par l’Inde de radars APG-79 jusque là interdits à l’export si les autorités indiennes choisissaient le FA-18 Super Hornet, mais cela semble moins intéressant pour les industriels indiens que la proposition Russe. Car si l’Inde souhaite avoir un avion moderne, elle veut aussi disposer d’une industrie capable et moderne pour en concevoir, et le dernier modèle conçu par l’Inde a connu de nombreux déboires.

Coté européen, Français, ou Suédois, aucune offre de partenariat ne semble avoir été faite, même si les constructeurs savent qu’ils devront concéder des transferts de technologies.

L’idée des partenariats stratégiques est intéressante, et ce bien plus de les transferts de technologies, et ce pour les deux parties : d’une part, pour un pays en bénéficiant et disposant de bonnes base industrielles et scientifiques (et c’est le cas de l’Inde) cela permet d’acquérir des technologies et de concevoir un appareil ; et d’autre part, pour le pays faisant cette offre, cela permet d’obtenir un partenaire intéressant et beaucoup plus lié. Ce partenaire peut par ailleurs apporter une base industrielle utile aves des fournisseurs compétitifs et compétents, mais aussi des moyens de recherche et de création modernes. L’Inde serait le partenaire idéal pour ce genre de partenariat.

Maintenant, reste à savoir ce que l’Inde souhaite réellement : les achats militaires sont-ils un levier diplomatique ou constituent-ils une simple volonté d’essor technologique et industriel ? Car un partenariat avec la Russie ne serait intéressante que technologiquement. Alors qu’acheter des chasseurs de Boeing ou de LOCKHEED MARTIN illustrerait le rapprochement opéré avec Washington sur le nucléaire. Pour emporter définitivement l’offre, les constructeurs US pourraient proposer la construction locale des F-16 et de FA-18. L’Inde y gagnerait sur les deux tableaux : diplomatique (reconnaissance et aval occidental de son rôle de premier plan) et technologique (transferts). Cette solution vaut aussi pour les offres européennes : une usine locale de construction de Rafale ou d’EUROFIGHTER semble peu imaginable, mais il serait intéressant de proposer la création de partenariats pour de futurs projets, ainsi que l’ouverture à des fournisseurs indiens de sous-ensembles de ces appareils.

06 janvier 2008

Quand la chine s’éveillera…

Auparavant absents ou peu présents dans l’aéronautique pour ce qui est de la construction d’appareils, la Chine a décidé de se réveiller dans ce domaine stratégique.
En effet, corrélativement à la décision annoncée par Hu Jintao de fusionner les industriels aéronautiques chinois Avic 1 et Avic 2 pour que la nouvelle entité puissent produire des avions de lignes long courriers pour ainsi concurrencer Airbus et Boeing, l’armée de l’air chinoise reçoit désormais ses chasseurs dernière génération de conception nationale modernes.

Remplaçant les J-7 et les Q-5, le Jiang-10 est réceptionné par l’armée de l’air chinoise. Construit vraisemblablement avec l’aide d’industriels israéliens et russes le J-10 est présenté comme étant un chasseur de quatrième génération comme les Eurofighter, Gripen, et autres Rafales.

Les médias sont partagés sur les capacités de cet appareil, et les services officiels chinois ne sont pas très diserts : certains soulignent le difficile développement du J-10 et les nombreux problèmes rencontrés, d’autres pensent qu’il aurait une manœuvrabilité supérieure au Typhoon et du FA-18 Super Hornet. Son radar serait performant et s’articulerait autour du radar du Su-27 russe, ou un radar de conception nationale le JL-10A. Multi rôle, l’appareil dispose de 11 pylones d’emports pour une capacité de 4500 kg d’emport. Equipé au départ d’un moteur russe Lyulka la Chine développerait le sien : le moteur Taihang.

Notons que l’appareil ressemble pour le nez au F-16 et plus fortement à l’Eurofighter Typhoon et au JAS-39 GRIPEN, avec des entrées d’air similaires des ailes canards à l’avant et des ailes delta.

La conception d’appareil militaire n’est pas chose aisée, et si certains soulignent les difficultés rencontrées par les industriels chinois, il ne faut pas douter de la volonté des autorités : pour être forte, la Chine doit disposer d’une aviation moderne et efficace. Si des défauts sont rencontrés ils seront vite corrigés.

Enfin, au coût surement compétitif auquel il sera proposé, cet appareil risque d’intéresser de nombreux pays ne pouvant pas aligner l’argent pour l’achat d’appareils US ou européens.

Pour le moment la Chine n’est pas passée à la vitesse supérieure pour ce qui est des appareils commerciaux de transport long courrier, mais cela fait parti des objectifs fixés.

Fiche technique du J-10 Moteur : 1 Lyulka-Saturn AL-31F Puissance : 12500 kgp Envergure : 8,78 m Longueur : 14,57 m Hauteur au sol : 4,78 m Surface alaire : 33,10 m² Masse à vide : 9750 kg Masse maximale : 18 500 kg Plafond pratique : 18 000 m Vitesse maximale : Mach 1,85



Fiche technique du General Dynamics F-16A Fighting Falcon
Envergure: 9,45 m
Envergure missiles compris: 10,01 m
Longueur: 15,09 m
Hauteur: 5,09 m
Surface alaire: 27,87 m²
Envergure de l'empennage horizontale: 5,64 m
Masse à vide: 7 070 kg
Masse maximale au décollage sans réservoirs exterieurs: 10 800 kg
Masse maximale au décollage avec charge extérieure: 16 055 kg
Vitesse maximale en configuration lisse : 1 150 noeuds (environ 2 125 km/h)
Plafond opérationnel: 50 000 pieds (environ 15 240 m)
Rayon d'action tactique: 500 nautiques (environ 925 km)
Distance franchissable: 2 100 nautiques (environ 3 890 km)
Vitesse à basse altitude : Mach 1 (660 noeuds soit 1200 km/h environ)
Vitesse à haute altitude : Mach 2
Armement: 5 445 kg de charge offensive
La fiche technique du JAS-39 GRIPEN:
Équipage : 1-2 pilotes
Longueur : 14.10 m (46.3 pieds) – Version 2 sièges : 14.80 m (48.5 pi)
Envergure : 8.40 m (27.5 pieds)
Hauteur : 4.5 m (14.7 pieds)
Surface alaire : 25.54 m² (275 pieds²)
Masse à vide : 6 620 kg (14 600 lbs)
Masse maximale au décollage : 14 000 kg (31 000 lbs)
Distance franchissable : 800 km
Vitesse maximale : 2300 km/h (Mach 2)
Plafond opérationnel : 50 000 pi (15 000 m)
Motorisation : 1 × turboréacteur Volvo Aero RM12 de 54 kN (12 000 lbs) de poussée (80 kN (18 000 lbs) avec post-combustion)

Fiche technique du Rafale:
Envergure 10,86 m , Surface alaire 45,70 m2, Longueur 15,27 m, Hauteur 5,34 m, masse A vide : classe des 10 tonnes, Maximale au décollage sur piste : 24,5 t, Charge externe max. 9500 kg, Points d’emports externes : 14 au total (13 sur les versions navales) dont 5 capables pour charges lourdes (2000 kg) ou carburant.
Vitesse maximale:basse altitude : 750 noeuds, haute altitude : Mach 1,8, Vitesse d’approche : 110 nœuds
Plafond pratique: 18 0000 mètres.
rayon d'action: jusqu’à 1600 km.
propulsion: 2 Turboréacteurs M88-2 à double flux d’une poussée de l’ordre de 5 tonnes à sec et de 7,5 tavec post-combustion.
Optronique secteur frontal
Système d’autoprotection SPECTRA
Radar à balayage électronique 2 plans RBE2 permettant la mise en œuvre simultanée de plusieursmodes.

Fiche technique de l'Eurofighter Typhoon:
Armements : 1 canons DEFA de 27 mm, missiles Air-Air Sidewinder, AMRAAM, Meteor, Skyflash, bombes, roquettes, bombes guidées laser, bombes anti-pistes, missile APACHE, Storm Shadow.
Equipements : radar doppler GEC-Marconi ECR90, capteur infrarouge, antenne d'alerte missile radar, pods de brouillage actif, ravitaillable en vol.
Capacités Opérationnelles : défense et supériorité aérienne, assaut conventionnel (guidé laser ou non guidé).
Longueur : 15,96 mètres
Envergure : 10,95 mètres
Hauteur : 5,28 mètres
Poids à vide : 11 tonnes
Poids maxi au décollage : 23 tonnes
Emport de carburant interne : 4 tonnes
Moteurs : 2 Eurojet EJ200-3A
Poussée : 2x6 tonnes
Vitesse maximum : Mach 2
Autonomie : 1390 km

28 novembre 2007

Washington le coeur sur la main?

Que se passe-t-il? Voilà que Washington se soucie des petits Etats sans réserves de pétrole! En effet les Etats-Unis proposent à la Croatie, dont les avions de chasse, des MIG-21 sont obsolètes, de remplacer ces derniers par des F-16A/B ... à titre gracieux.

Cela pourrait surprendre, mais il faut regarder plus loin: la Croatie est un pays en paix qui connaît un essor économique rapide: un PIB en croissance constante à 4,6% en 2006 (PIB supérieur à 21 milliard $ en 2002), et des investissements directs étrangers IDE avoisinant 1 milliard $.

Ainsi la Croatie pourrait être un client solvable intéressant pour Washington qui pousse ses pions en Europe centrale.
Mieux encore, une fois les F-16 placés, se sera toujours un client de moins pour l'aéronautique militaire européenne: pour SAAB et son Gripen, EADS et l'eurofighter typhoon, et DASSAULT avec son Rafale...à défaut de Mirages rustiques.

sources: Air & Cosmos n° 2100 p 6, http://www.amb-croatie.fr