__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

Affichage des articles dont le libellé est aerostructure. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est aerostructure. Afficher tous les articles

31 janvier 2013

Tour d’horizon des acteurs de l’aérosturcture : vers un rapprochement Latécoère Sogerma ? (+MAJ2)

La rumeur de ce début d’année dans le monde des industriels aérostructuristes concerne un rapprochement (une fusion ?) entre le groupe Latécoère et Sogerma qui appartient au groupe EADS. Ce projet avait déjà été évoqué sous l’ère Louis Gallois à la tête d’EADS. Depuis quelques années, le secteur des aérostructuristes fait l’objet d’annonce de concentration. En France, les principaux acteurs (Sogerma, Latécoère, Aerolia et Daher-Socata) occupent le marché. De nombreuses sociétés de taille plus modeste complètent le paysage. 

Des groupes de grande taille se sont montés sur le marché mondial. Ils sont américains (Spirit Aero, Triumph Group qui a rachété Vought en mars 2010 pour 1,44Md$), européen (Premium Aerotec, groupe EADS), japonais (Mitsubishi Heavy Industries) ou britannique (GKN). 

L’activité des aérostructuristes se caractérise par des cycles longs où les donneurs d’ordre (Airbus et Boeing en tête) ont développé le modèle de risk sharing partner (RSP) avec leurs fournisseurs. Aérostructuristes et avionneurs partagent les risques liés au lancement de programme d’avions. Le fournisseur prend en charge tout ou partie des investissements (R&D, usine, NRC, coûts liés à la learning curve) en échange d’une exclusivité sur le programme. Le modèle RSP fonctionne tant que le calendrier du programme est respecté mais beaucoup d’aérostructuristes subissent les limites du modèle RSP. Le cas d’école est le groupe Latécoère impacté entre 2009 et 2011 par :

- le change euro-dollar,
- les retards de l’A400M et du Dreamliner 787, les problèmes de cadences de l’A380,
- les réductions de cadences chez Bombardier, Embraer et Dassault Aviation.

Les aérostructuristes ont à supporter des nombreux risques (cadence industrielle, risque de change, financement des investissements). C’est pour cela que les appels à la concentration sont récurrents.  



Tour d’horizon des principaux aérostructuristes en France :

Le groupe Eads-Sogerma a dégagé en 2011 un chiffre d’affaires de 471M€ pour 1943 salariés (toutes activités confondues) dont 342M€ et 946 salariés pour la seule Sogerma. L’aérostructure représente la majorité du chiffre d’affaires.





Latécoère est engagé en tant que fournisseur de rang 1 auprès des principaux avionneurs. Le groupe présente une forte implantation dans les aérostructures et les systèmes de câblage. Il est implanté dans de nombreux pays low-cost (Tunisie, République Tchèque, Mexique), au Brésil et aux Etats Unis. (ci contre les données fournies par Latécoère).
MAJ 07.02.2013: Le chiffre d'affaires sur l'exercice 2012 s'élève à 581,1 millions € plus 62,5 millions € de NRC (remboursement anticipé de frais de développement par le groupe EADS)
Evolution du CA total groupe depuis 2009:
2009: 449,5M€
2010: 464,4M€
2011: 520,6M€ + 55M€
2012: 581,1M€ + 62,5M€

Evolution du CA Aérostructure hors remboursement NRC:
2011:  289,0M€
2012:  326,1M€



Aerolia, crée en 2009, est issue du plan Power 8 et de la non vente des sites Airbus de Saint Nazaire et Méaulte (Latécoère avait précipitamment annoncé le rachat de ces sites). Aerolia a repris une bonne partie des activités aérostructures d’Airbus. Aerolia s’est implanté dans la foulée en Tunisie (en perte de vitesse dans les mois qui ont suivi la révolution) et a lancé la construction en 2012 d'une usine d’assemblage au Quebec (diversification avec le fuselage Global 7000 et 8000). L’entreprise a dégagé un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros en 2012 avec, entre autres, « 612 ensembles complets avions Airbus » livrés.


Retour sur l'interview du Président d'Aerolia, Christian Cornille (objectifnews.tv):  L'effectif d'Aerolia est de 3000 personnes en France dont 400 à Toulouse (donnée septembre 2012). Le Président d'Aérolia justifie les implantations hors d'Europe par
- la nécessité "d'offrir de la proximité à nos clients" , 
- une question logistique (transport de pièces de grand dimension)
- et pour avoir une bonne compétitivité (= production en zone dollar). 

Aerolia veut grandir via une diversification des clients et envisage des projets de croissance externe (objectif moyen terme du CA: 3mds$). Airbus est le principal client d'Aerolia. Boeing et Embraer sont les prochaines cibles (d'où l'implantation sur le continent américain).



Daher-Socata est issue de l’acquisition de 70% de la Socata par le groupe Daher. Le pôle aéronautique de Daher comprend la construction du TBM 850, l’aérostructure, des services logistiques et du support. Daher a noué en 2012 un accord avec Triumph Group sur la fourniture de systèmes d’isolation. Le chiffre d’affaires groupe atteint 925M€ dont 240/250 M€ et 1200/1300 salariés pour la Socata. 
MAJ 06.02.2013: Patrick Daher, PDG du groupe Daher a déclaré à l'Usine Nouvelle:  "Je ne suis pas fana de la consolidation [des aérostructuristes français], mais, pas du tout. Les rapprochements doivent s'envisager au moins au niveau européen." Les intérêts prioritaires du groupe Daher sont de se renforcer sur le marché américain. "Nous devons renforcer notre présence aux Etats-Unis ces cinq prochaines années. Nous croyons beaucoup plus à des rapprochements transocéaniques parce que le marché américain est le premier marché mondial. C'est là que nous devons concentrer nos efforts" (Usine Nouvelle: Daher ne croit pas à une consolidation franco-française).











Lire aussi nos autres articles sur Latécoère

Lire aussi nos autres articles sur Aerolia

Adrien Cortoux

17 mars 2011

Latécoère : le FSI pourrait entrer au capital (+MAJ1,2 et 3)


Une arrivée de FSI ne se ferait que dans le cadre d'un deal avec plusieurs partenaires.
Le DG Jean-Yves Gilet du FSI a en effet précisé qu'un investissement dans Latécoère (qui est très endetté) n'avait de sens que s'il se fait dans une logique de "consolidation du secteur". Un commentaire qui accrédite la thèse du rachat de Latécoère par un industriel de l'aérostructure (britannique et/ou américain). A suivre.

MAJ 1 : Nov 2011 : Latécoère annonce stopper sa quête de partenaire pendant 2 ans
Le groupe enregistre repousse sa recherche d’un partenaire qui devait initialement se terminer fin 2011. Latécoère avait laissé entendre qu’il lui serait difficile de trouver un partenaire rapidement en raison de la crise. Des manifestations d’intérêt ont été reçues d'Avic, de GKN ou encore du néerlandais Fokker-Stork. En 2011, le groupe enregistre un chiffre d’affaires en hausse de 16,8%, à 373,1 millions d’euros. Latécoère justifie cette croissance par l’accélération de construction d’avions d'Airbus et Boeing. Cependant toutes les filiales ne se portent pas bien à l'instar de Latécis qui a fortement reduit la voilure en Allemagne.


MAJ 2 : Décembre 2011
Pour officialiser le redressement spectaculaire de Latécoère, un accord de refinancement de la dette est annoncé ce 22 décembre. 96% de la dette du groupe est refinancée. Selon Latécoère, l'accord est structuré autour de "quatre piliers" :
-mise en place d'un crédit syndiqué de 319,8M€ sur sept ans maximum,
-mise en place d'un contrat d'affacturage de quatre ans pour 76M€,
-mise en place du remboursement par anticipation d'obligations convertibles pour 42,9M€,
-et mise en place d'une extension des couvertures de change liées au dollar jusqu'à fin 2014.

François Bertrand, Président du Directoire : « Le contexte a changé [...] Le succès de l'A320 Neo et du Boeing 737 Max nous assure non seulement une montée en cadence, mais il renvoie également à plus tard l'arrivée de nouveaux programmes, autour desquels s'opérera la consolidation du secteur. »

MAJ 3 : Mai 2012
Latécoère construira une usine au Mexique pour le câblage embarqué et des portes d’avions. Le groupe entend augmenter son positionnement en zone offshore… A l’horizon 2015, cette nouvelle usine devrait compter 400 personnes. Le Groupe s’installe à Hermosillo dans l'état de Sonora, avec un démarrage de la production prévu au cours du S2 2012.
L'usine viendra en support de l'activité en Amérique du Nord (18% des ventes de Latécoère en 2011). Pour se rapprocher encore plus de Spirit, Sogerma, Daher ou Aerolia? La concentration de l'aerostructure française sera conclue d'ici un an et demi.
Aeronewstv

17 décembre 2010

Marché des aérostructures - Latécoère vers un rapprochement (+MAJ1)

Latécoère annonce avoir identifié dix partenaires potentiels en vue d'un rapprochement. Le Président du Conseil de surveillance a officialisé hier son objectif industriel pour le groupe Latécoère gravement affaibli par une dette colossale.

Au printemps 2011, la nouvelle direction du groupe devrait présenter deux ou trois schémas de rapprochement aux parties prenantes du dossier, à savoir les créanciers, les avionneurs clients, et l’Etat français. Ces schémas devraient sceller la disparition de Latécoère sous sa forme indépendante et préconiser son intégration dans un ensemble plus important (Spirit, GKN, Aerolia… ?)

MAJ 1/ Nov 2011 : Latécoère annonce stopper sa quête de partenaire pendant 2 ans

Le groupe enregistre repousse sa recherche d’un partenaire qui devait initialement se terminer fin 2011. Latécoère avait laissé entendre qu’il lui serait difficile de trouver un partenaire rapidement en raison de la crise. Des manifestations d’intérêt ont été reçues d'Avic, de GKN ou encore du néerlandais Fokker-Stork.

En 2011, le groupe enregistre un chiffre d’affaires en hausse de 16,8%, à 373,1 millions d’euros. Latécoère justifie cette croissance par l’accélération de construction d’avions d'Airbus et Boeing. Cependant toutes les filiales ne se portent pas bien à l'instar de Latécis qui a fortement reduit la voilure en Allemagne.

25 décembre 2007

Reprise des sites d'Airbus: des solutions nationales

EADS a finalement tranché pour le choix des repreneurs de ses sites industriels européens qu’il souhaitait revendre. Les choix faits semblent satisfaire des exigences nationales tout autant que des intérêts industriels : MT Aerospace a été choisie pour les sites de Nordenham Varel et Augsburg en Allemagne, GKN pour le site britannique de Filton, et Latécoère pour les sites de Méaulte et de Saint Nazaire en France.Mais attention ! Il ne s’agit pas de cession effective au moment ou nous en parlons : EADS et Airbus sont convenues, avec les sélectionnés, d’entrer en négociation exclusive avec eux.

De même, les cessions prévues ne sont pas toutes de même ordre : le site de Filton sera cédé en totalité, alors que pour les sites français et allemands, les négociations porteraient avant tout sur la création de joint-ventures, où Airbus serait minoritaire dans le capital, à coté des repreneurs MT Aerospace et Latécoère.
Cette idée semble être la meilleure solution pour les repreneurs : ils pourront avec Airbus travailler à la bonne reprise de l’outil industriel, et ils bénéficient ainsi d’une certaine « garantie ». D’ailleurs Airbus envisagerait, selon ce plan, de se retirer du capital au bout de trois ans.

Pour Latécoère le choix de reprendre le site de Méaulte s’inscrit dans une stratégie industrielle. Le porte parole du groupe précise : « Nous souhaitons participer activement à la restructuration en cours du paysage aéronautique, et devenir un fournisseur européen de référence dans le domaine des composites structuraux. Notre ambition est d’intégrer le groupe des grands mondiaux de notre activité « Super tier 1 ». (C.A. supérieur à 1 milliard €)Notre projet de rapprochement avec l’usine Airbus de Méaulte comporte de nombreuses synergies : Méaulte apporte son expertise sur les pointes avant d’avions et son savoir faire en robotique d’assemblage. Quant à nous, nous apportons une dimension internationale, la compétence d’un bureau d’études reconnu, la création d’une usine spécialisée sur les composites pour les fuselages à Méaulte, et une bonne maîtrise d’une « supply chain » internationale. »

En effet avec le rachat du site de Méaulte, s'il se confirme, Latécoère deviendrait le numéro 1 européen dans les aérostructures.

MT Aerospace est une société allemande spécialisée dans la fourniture de composants pour les industries aérospatiale, aéronautique, et des télécommunications (antennes). Dans le domaine aéronautique le groupe est surtout spécialisé dans les structures demandant résistance et légèreté, les réservoirs en fibre composites alliant là aussi haute résistance et légèreté, fournissant tant l’aéronautique civile que l’aéronautique militaire (missiles). Le groupe produit aussi des éléments pour la mécanique des turboréacteurs et turbopropulseurs, pour les avions, et les hélicoptères.

GKN est un groupe britannique spécialisé dans de nombreux secteurs d’activités liés à l’aéronautique entre autres. Le groupe se présente comme le premier fournisseur de l’industrie aéronautique dans le domaine des aérostructures en composites. Déjà présent sur le marché US des avions de chasse, et en Europe (eurofighter), le groupe se déploie en plus dans l’industrie civile (airbus et Boeing) avec le rachat du site de Filton.