__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

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31 janvier 2013

Tour d’horizon des acteurs de l’aérosturcture : vers un rapprochement Latécoère Sogerma ? (+MAJ2)

La rumeur de ce début d’année dans le monde des industriels aérostructuristes concerne un rapprochement (une fusion ?) entre le groupe Latécoère et Sogerma qui appartient au groupe EADS. Ce projet avait déjà été évoqué sous l’ère Louis Gallois à la tête d’EADS. Depuis quelques années, le secteur des aérostructuristes fait l’objet d’annonce de concentration. En France, les principaux acteurs (Sogerma, Latécoère, Aerolia et Daher-Socata) occupent le marché. De nombreuses sociétés de taille plus modeste complètent le paysage. 

Des groupes de grande taille se sont montés sur le marché mondial. Ils sont américains (Spirit Aero, Triumph Group qui a rachété Vought en mars 2010 pour 1,44Md$), européen (Premium Aerotec, groupe EADS), japonais (Mitsubishi Heavy Industries) ou britannique (GKN). 

L’activité des aérostructuristes se caractérise par des cycles longs où les donneurs d’ordre (Airbus et Boeing en tête) ont développé le modèle de risk sharing partner (RSP) avec leurs fournisseurs. Aérostructuristes et avionneurs partagent les risques liés au lancement de programme d’avions. Le fournisseur prend en charge tout ou partie des investissements (R&D, usine, NRC, coûts liés à la learning curve) en échange d’une exclusivité sur le programme. Le modèle RSP fonctionne tant que le calendrier du programme est respecté mais beaucoup d’aérostructuristes subissent les limites du modèle RSP. Le cas d’école est le groupe Latécoère impacté entre 2009 et 2011 par :

- le change euro-dollar,
- les retards de l’A400M et du Dreamliner 787, les problèmes de cadences de l’A380,
- les réductions de cadences chez Bombardier, Embraer et Dassault Aviation.

Les aérostructuristes ont à supporter des nombreux risques (cadence industrielle, risque de change, financement des investissements). C’est pour cela que les appels à la concentration sont récurrents.  



Tour d’horizon des principaux aérostructuristes en France :

Le groupe Eads-Sogerma a dégagé en 2011 un chiffre d’affaires de 471M€ pour 1943 salariés (toutes activités confondues) dont 342M€ et 946 salariés pour la seule Sogerma. L’aérostructure représente la majorité du chiffre d’affaires.





Latécoère est engagé en tant que fournisseur de rang 1 auprès des principaux avionneurs. Le groupe présente une forte implantation dans les aérostructures et les systèmes de câblage. Il est implanté dans de nombreux pays low-cost (Tunisie, République Tchèque, Mexique), au Brésil et aux Etats Unis. (ci contre les données fournies par Latécoère).
MAJ 07.02.2013: Le chiffre d'affaires sur l'exercice 2012 s'élève à 581,1 millions € plus 62,5 millions € de NRC (remboursement anticipé de frais de développement par le groupe EADS)
Evolution du CA total groupe depuis 2009:
2009: 449,5M€
2010: 464,4M€
2011: 520,6M€ + 55M€
2012: 581,1M€ + 62,5M€

Evolution du CA Aérostructure hors remboursement NRC:
2011:  289,0M€
2012:  326,1M€



Aerolia, crée en 2009, est issue du plan Power 8 et de la non vente des sites Airbus de Saint Nazaire et Méaulte (Latécoère avait précipitamment annoncé le rachat de ces sites). Aerolia a repris une bonne partie des activités aérostructures d’Airbus. Aerolia s’est implanté dans la foulée en Tunisie (en perte de vitesse dans les mois qui ont suivi la révolution) et a lancé la construction en 2012 d'une usine d’assemblage au Quebec (diversification avec le fuselage Global 7000 et 8000). L’entreprise a dégagé un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros en 2012 avec, entre autres, « 612 ensembles complets avions Airbus » livrés.


Retour sur l'interview du Président d'Aerolia, Christian Cornille (objectifnews.tv):  L'effectif d'Aerolia est de 3000 personnes en France dont 400 à Toulouse (donnée septembre 2012). Le Président d'Aérolia justifie les implantations hors d'Europe par
- la nécessité "d'offrir de la proximité à nos clients" , 
- une question logistique (transport de pièces de grand dimension)
- et pour avoir une bonne compétitivité (= production en zone dollar). 

Aerolia veut grandir via une diversification des clients et envisage des projets de croissance externe (objectif moyen terme du CA: 3mds$). Airbus est le principal client d'Aerolia. Boeing et Embraer sont les prochaines cibles (d'où l'implantation sur le continent américain).



Daher-Socata est issue de l’acquisition de 70% de la Socata par le groupe Daher. Le pôle aéronautique de Daher comprend la construction du TBM 850, l’aérostructure, des services logistiques et du support. Daher a noué en 2012 un accord avec Triumph Group sur la fourniture de systèmes d’isolation. Le chiffre d’affaires groupe atteint 925M€ dont 240/250 M€ et 1200/1300 salariés pour la Socata. 
MAJ 06.02.2013: Patrick Daher, PDG du groupe Daher a déclaré à l'Usine Nouvelle:  "Je ne suis pas fana de la consolidation [des aérostructuristes français], mais, pas du tout. Les rapprochements doivent s'envisager au moins au niveau européen." Les intérêts prioritaires du groupe Daher sont de se renforcer sur le marché américain. "Nous devons renforcer notre présence aux Etats-Unis ces cinq prochaines années. Nous croyons beaucoup plus à des rapprochements transocéaniques parce que le marché américain est le premier marché mondial. C'est là que nous devons concentrer nos efforts" (Usine Nouvelle: Daher ne croit pas à une consolidation franco-française).











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Adrien Cortoux

06 juin 2012

Latécoère, le marché de l'aérostructure et délocalisation commerciale

Pour s'ouvrir de nouveaux marchés en Amérique du Nord, le groupe Latécoère a annoncé l'ouverture d'un site de production au Mexique. Voir notre article sur le sujet. 

17 mars 2011

Latécoère : le FSI pourrait entrer au capital (+MAJ1,2 et 3)


Une arrivée de FSI ne se ferait que dans le cadre d'un deal avec plusieurs partenaires.
Le DG Jean-Yves Gilet du FSI a en effet précisé qu'un investissement dans Latécoère (qui est très endetté) n'avait de sens que s'il se fait dans une logique de "consolidation du secteur". Un commentaire qui accrédite la thèse du rachat de Latécoère par un industriel de l'aérostructure (britannique et/ou américain). A suivre.

MAJ 1 : Nov 2011 : Latécoère annonce stopper sa quête de partenaire pendant 2 ans
Le groupe enregistre repousse sa recherche d’un partenaire qui devait initialement se terminer fin 2011. Latécoère avait laissé entendre qu’il lui serait difficile de trouver un partenaire rapidement en raison de la crise. Des manifestations d’intérêt ont été reçues d'Avic, de GKN ou encore du néerlandais Fokker-Stork. En 2011, le groupe enregistre un chiffre d’affaires en hausse de 16,8%, à 373,1 millions d’euros. Latécoère justifie cette croissance par l’accélération de construction d’avions d'Airbus et Boeing. Cependant toutes les filiales ne se portent pas bien à l'instar de Latécis qui a fortement reduit la voilure en Allemagne.


MAJ 2 : Décembre 2011
Pour officialiser le redressement spectaculaire de Latécoère, un accord de refinancement de la dette est annoncé ce 22 décembre. 96% de la dette du groupe est refinancée. Selon Latécoère, l'accord est structuré autour de "quatre piliers" :
-mise en place d'un crédit syndiqué de 319,8M€ sur sept ans maximum,
-mise en place d'un contrat d'affacturage de quatre ans pour 76M€,
-mise en place du remboursement par anticipation d'obligations convertibles pour 42,9M€,
-et mise en place d'une extension des couvertures de change liées au dollar jusqu'à fin 2014.

François Bertrand, Président du Directoire : « Le contexte a changé [...] Le succès de l'A320 Neo et du Boeing 737 Max nous assure non seulement une montée en cadence, mais il renvoie également à plus tard l'arrivée de nouveaux programmes, autour desquels s'opérera la consolidation du secteur. »

MAJ 3 : Mai 2012
Latécoère construira une usine au Mexique pour le câblage embarqué et des portes d’avions. Le groupe entend augmenter son positionnement en zone offshore… A l’horizon 2015, cette nouvelle usine devrait compter 400 personnes. Le Groupe s’installe à Hermosillo dans l'état de Sonora, avec un démarrage de la production prévu au cours du S2 2012.
L'usine viendra en support de l'activité en Amérique du Nord (18% des ventes de Latécoère en 2011). Pour se rapprocher encore plus de Spirit, Sogerma, Daher ou Aerolia? La concentration de l'aerostructure française sera conclue d'ici un an et demi.
Aeronewstv

17 décembre 2010

Marché des aérostructures - Latécoère vers un rapprochement (+MAJ1)

Latécoère annonce avoir identifié dix partenaires potentiels en vue d'un rapprochement. Le Président du Conseil de surveillance a officialisé hier son objectif industriel pour le groupe Latécoère gravement affaibli par une dette colossale.

Au printemps 2011, la nouvelle direction du groupe devrait présenter deux ou trois schémas de rapprochement aux parties prenantes du dossier, à savoir les créanciers, les avionneurs clients, et l’Etat français. Ces schémas devraient sceller la disparition de Latécoère sous sa forme indépendante et préconiser son intégration dans un ensemble plus important (Spirit, GKN, Aerolia… ?)

MAJ 1/ Nov 2011 : Latécoère annonce stopper sa quête de partenaire pendant 2 ans

Le groupe enregistre repousse sa recherche d’un partenaire qui devait initialement se terminer fin 2011. Latécoère avait laissé entendre qu’il lui serait difficile de trouver un partenaire rapidement en raison de la crise. Des manifestations d’intérêt ont été reçues d'Avic, de GKN ou encore du néerlandais Fokker-Stork.

En 2011, le groupe enregistre un chiffre d’affaires en hausse de 16,8%, à 373,1 millions d’euros. Latécoère justifie cette croissance par l’accélération de construction d’avions d'Airbus et Boeing. Cependant toutes les filiales ne se portent pas bien à l'instar de Latécis qui a fortement reduit la voilure en Allemagne.

01 septembre 2010

Latécoère, nouvelle stratégie avec l'arrivée de GADONNEIX

L'équipementier LATECOERE a nommé Pierre Gadonneix, ancien PDG d'EDF, à la Présidence du Conseil de Surveillance. Le nouveau président du conseil de surveillance a d’ores et déjà annoncé rechercher un partenaire en Europe dans un marché de l’aérostructure encore trop éclaté. Aux Etats Unis, Vought et Spirit dominent ce métier ; Mitsubishi et Kawasaki au Japon.

Pierre Gadonneix a aussi émis l’hypothèse que le Fonds Stratégique d'Investissement pourrait se joindre à la nouvelle stratégie de l’équipementier.

14 mai 2010

LATECOERE, le crépuscule d’un joyau industriel français

Mise à jour - 31 aout 2010 : Pierre Gadonneix, ancien PDG d'EDF, va être nommé président du conseil de surveillance de LATECOERE. Le nouveau président du conseil de surveillance a d’ores et déjà annoncé rechercher un partenaire en Europe dans un marché de l’aérostructure encore trop éclaté. Aux Etats Unis, Vought et Spirit dominent ce métier ; Mitsubishi et Kawasaki au Japon. Pierre Gadonneix a aussi émis l’hypothèse que le Fonds Stratégique d'Investissement pourrait se joindre à la nouvelle stratégie de l’équipementier.

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Plus que tout autre secteur, l’aéronautique se prête à une démarche d’intelligence économique. L’industrie aéronautique fait face à plusieurs défis d’ordre technologique, environnemental et réglementaire. Les défis sont aussi monétaire et concurrentiel. Latécoère, grand équipementier, en fait actuellement les frais. Une histoire en cours qui mérite toute notre attention et sur laquelle une politique d’intelligence économique a beaucoup à dire.

Latécoère, grand sous traitant toulousain de 3800 personnes, s’approche dangereusement d’un naufrage. Cotation en bourse suspendue, dette abyssale, partenaires méfiants, stratégie défaillante, Latécoère traverse une passe difficile depuis quelques mois. Latécoère s’affaiblit gravement et étouffe de plus en plus dans le paysage industriel français.

Le retournement est radical pour cette société qui apparaissait en 2008 comme un exemple à suivre. Faisant figure de « véritable laboratoire industriel » selon le journaliste Pierre Sparaco, Latécoère avait choisit « une croissance externe exceptionnelle, d’écraser ses coûts, d’accroître sa rentabilité et de s’extraire imperceptiblement de la zone euro, de s’internationaliser en ignorant totalement les frontières.»

Pour rappel, Latécoère intervient sur deux marchés de l’aéronautique, essentiellement l’aérostructure (tronçons de fuselage et portes, deux tiers du chiffre d’affaires) et le câblages / systèmes embarqués (27 % du CA). Ces marchés sont mondiaux. La tendance est à la concentration des acteurs de ces marchés. La concurrence est rude avec trois américains, trois japonais, un britannique et un italien (les autres étant de plus petites tailles).

Parmi eux, Latécoère est une pépite parce qu’il se distingue avec sa stratégie multi-clients. Latécoère a considérablement diversifié sa dépendance en partageant son portefeuille de clients entre Airbus (39%), Boeing (30%), Embraer (13%), Dassault (13%) et Bombardier (5%).

2008, le tournant : Latécoère est fragilisé depuis l’échec du rachat des sites d’Airbus à Méaulte et Saint Nazaire. En Janvier 2008, la Direction de Latécoère annonçait pourtant fièrement qu’EADS avait choisi sa société pour la reprise des usines françaises d’Airbus. Latécoère nourrissait alors une ambition de figurer dans les dix premiers équipementiers aéronautiques mondiaux.

L’échec est alors patent lorsque Latécoère annonça la rupture des négociations avec EADS. Plusieurs raisons ont été invoquées par la Direction: une conjoncture économique maussade, une parité euro dollar et une politique de la BCE qui pénalisent l’aéronautique européenne et l’incapacité à trouver une solution en Allemagne.

Il s’agit d’un coup d’arrêt net pour l’équipementier en France, dans un contexte où EADS conclut les négociations avec le britannique GKN pour son usine de Filton et conclut la vente du site de Laupheim à l'allemand Diehl. Latécoère sort affaibli de cet épisode et bascule d’une position offensive à une position défensive. De maillon fort, la société est renvoyée à un niveau de sous traitant pris dans un rapport de force industriel entre plusieurs pays qui veulent afficher leur leadership sur ce marché et lorgnent désormais sur la société française.

Un patrimoine industriel unique

La société Latécoère est plus d’une société d’aéronautique. Latécoère a porté la création d’une aéronautique française. A son origine, on trouve Pierre George Latécoère qui prend la direction des entreprises familiales en 1905 et décide de diversifier les activités de la société éponyme. Durant la première guerre mondiale, la société obtient la fabrication de mille avions de reconnaissance biplaces. Comme la société est novice dans la construction aéronautique, l'administration lui affecte des équipes qualifiées (Art et Métiers, Ecole Bréguet, etc…). C'est là le début de l'industrie aéronautique à Toulouse. Après la guerre, l'avion apparaît de plus en plus comme un moyen de transport d'avenir. P. Latécoère décide alors de développer des lignes aériennes (Espagne, Maroc, Algérie…) qui ont durablement arrimé la France dans l’aéronautique. Latécoère continua la production de 65 modèles d’avions et participa significativement à la construction d’un territoire aéronautique dans la région toulousaine. Un territoire qui occupa toute sa place dans l’émergence de l’Aérospatiale et du G.I.E AIRBUS.

La fragilisation aujourd’hui de Latécoère menace un territoire et toute une filière. Un patrimoine qui doit être remis sur des bases saines après le renouvellement d’une grande partie du management. La société ne pourra peser dans les affrontements industriels qui se profilent sans un soutien de l’Etat. Dans le cas contraire, ce patrimoine sera démantelé et vendu par appartements à ces concurrents nord américains, japonais ou britanniques.

L’industrie aéronautique repose sur les sous traitants. D’un côté Airbus & Boeing font prendre de plus en plus de risques à leur premier cercle de fournisseurs. D’un autre côté, ce sont les motoristes, les systémiers et les grands équipementiers qui décident de l’arrivée des nouveaux entrants chinois, indiens ou russes sur le marché. En décidant de participer ou non aux grands programmes lancés dans ces pays, ces sous traitants conditionnent le succès commercial d’un avion.

Latécoère a joué le jeu en lançant de grands investissements en R&D sur les programmes majeurs de la dernière décennie. Latécoère a subi de plein fouet les très nombreux retards : A380, premier A350, A400M, Boeing Dreamliner 787. Mais c'est aussi un modèle de développement qu'il faut questionner, celui de la délocalisation. Latécoère a été précurseur la dedans alors même que ses prestataires français pouvaient s'aligner sur les prix (exemple de la République tchèque).

On concluera sur le mot du Professeur Harbulot : "La lecture du rapport de Lilas Demmou sur la désindustrialisation de la France (document de travail de la Direction Générale du Trésor et de la Politique Economique, février 2010) indique que 63% des destructions d’emploi en France sont dues à la mondialisation. Il est évident qu’il faut passer à l’action sur un maximum de fronts pour stopper cette hémorragie. L’économie de territoire n’est pas un pis aller, elle doit être le passage obligé d’une reconquête de positions en termes de marché..."

Adrien

04 mai 2008

Latécoère abandonne le rachat des sites d'Airbus!

Contrairement à ce qu’il semblait pour acquis, selon le quotidien Allemand « Die Welt » la cession des sites Airbus de Méaulte et de Saint Nazaire au groupe Latécoère risque de ne pas avoir lieu !

En cause : des soucis d’ordre industriels pour Airbus, et le problème de la faiblesse du Dollar US pour Latécoère.

En effet, comme nous vous le précisions dans notre précédent post, Latécocère, pour réduire ses coûts, réorganisait toute sa production en délocalisant les productions hors zone Euro (Tunisie) pour faire fasse aux difficultés que faisait peser la chute du billet vert. Les sites de Méaulte et de Saint Nazaire se seraient alors concentrés sur les composites et le fuselage avant des Airbus A-350. Mais la chute du billet vert ferait semble-t-il douter Latécoère de l’opportunité d’un tel investissement, alors qu’il doit d’abord veiller à conforter sa marge et ses bénéfices.

Cependant, le groupe Latécoère, sur son site internet, n’a pas encore confirmé ou non cette information, le dernier communiqué de presse en date du 1er avril 2008 faisant état de l’unanimité du comité d’entreprise en faveur du projet « ZEPHIR » de rachat des sites Airbus de Méaulte et de Saint Nazaire.

Après les grèves des salariés des sites Airbus français qui s’opposent à leur cession dans le cadre du plan Power 8 et qui dénoncent leur abandon face à leurs confrères Allemands dont les sites seront non plus vendus mais filialisés, la suspension du rachat des deux sites par Latécoère est un coup dur pour la stratégie d’Airbus, dans le cadre de son plan Power 8, qui souhaitait revoir entièrement son organisation industrielle.

Les difficultés auxquelles doivent faire face les industriels français sont graves.

Plus l’euro s’apprécie, plus la transposition des prix en dollar US est défavorable à nos exportateurs, même si cependant l’achat des matières premières payées en dollar coûte moins. Oui mais des groupes comme Airbus ou Latécoère ne font pas de la simple transformation industrielle !

Les solutions ? Augmenter la productivité des sites européens d’abord en réorganisant le schéma industriel de chaque acteur : cessions –rachats autour des « core-business » de chaque acteur en vue d’améliorer la compétitivité sur des points clefs. Mais là la faiblesse du dollar est telle qu’elle impacte sur les bénéfices des entreprises, les ralentissant ainsi dans leur démarche. Ou délocaliser en dehors de la zone Euro, ce qui est le fait de plus en plus d’industriels français. Ce dernier choix n’est bien entendu pas positif pour le tissu industriel national et l’emploi.

Alors comment restaurer un avantage compétitif ? Nous ne sommes pas économistes, mais la réponse est sans aucun doute multiple : alléger les charges fiscales pesant sur les entreprises en réduisant le taux de TVA sur l’investissement dans l’outil de production et la R&D par exemple (pour créer un avantage compétitif dans l’innovation), augmenter la durée légale du temps de travail hebdomadaire pour recréer un avantage compétitif en terme de productivité, même si cette mesure est largement impopulaire (car comment augmenter la productivité des sites français quand on sait que l’employé français a une des productivité les plus élevé des pays développé si ce n’est en allongeant son temps de travail ?). Enfin, là s’oppose une logique industrielle à une logique monétaire de la BCE : maintenir un taux directeur élevé est une bonne chose pour attirer les placements internationaux et favoriser l’achat de matières premières, néanmoins cela ne sert à rien si la valeur atteinte par l’Euro est telle qu’elle oblitère ces avantages acquis car amenant les industriels européens à proposer des produits à des prix prohibitifs à l’international. Par ailleurs la hausse généralisée des coûts des matières premières réduit l’avantage conféré par un euro fort.

Cet exemple nous montre que nos sociétés industrielles, créatrices des richesses nécessaires à la vie des nations, sont victimes de cette fameuse triple crise : crise monétaire résultant de la chute du Dollar laquelle ronge les bénéfices des sociétés de l’Euroland, crise financière résultant de la crise des subprimes laquelle impacte sur l’accession à l’emprunt, source indispensable de liquidité pour l’investissement industriel, et crise des matières premières, leur raréfaction, ou plutôt la hausse de la demande et les difficultés croissantes de leurs extractions propulsant les prix de records en records.




Sources: :
www.welt.de
www.latecoere.fr

25 décembre 2007

Reprise des sites d'Airbus: des solutions nationales

EADS a finalement tranché pour le choix des repreneurs de ses sites industriels européens qu’il souhaitait revendre. Les choix faits semblent satisfaire des exigences nationales tout autant que des intérêts industriels : MT Aerospace a été choisie pour les sites de Nordenham Varel et Augsburg en Allemagne, GKN pour le site britannique de Filton, et Latécoère pour les sites de Méaulte et de Saint Nazaire en France.Mais attention ! Il ne s’agit pas de cession effective au moment ou nous en parlons : EADS et Airbus sont convenues, avec les sélectionnés, d’entrer en négociation exclusive avec eux.

De même, les cessions prévues ne sont pas toutes de même ordre : le site de Filton sera cédé en totalité, alors que pour les sites français et allemands, les négociations porteraient avant tout sur la création de joint-ventures, où Airbus serait minoritaire dans le capital, à coté des repreneurs MT Aerospace et Latécoère.
Cette idée semble être la meilleure solution pour les repreneurs : ils pourront avec Airbus travailler à la bonne reprise de l’outil industriel, et ils bénéficient ainsi d’une certaine « garantie ». D’ailleurs Airbus envisagerait, selon ce plan, de se retirer du capital au bout de trois ans.

Pour Latécoère le choix de reprendre le site de Méaulte s’inscrit dans une stratégie industrielle. Le porte parole du groupe précise : « Nous souhaitons participer activement à la restructuration en cours du paysage aéronautique, et devenir un fournisseur européen de référence dans le domaine des composites structuraux. Notre ambition est d’intégrer le groupe des grands mondiaux de notre activité « Super tier 1 ». (C.A. supérieur à 1 milliard €)Notre projet de rapprochement avec l’usine Airbus de Méaulte comporte de nombreuses synergies : Méaulte apporte son expertise sur les pointes avant d’avions et son savoir faire en robotique d’assemblage. Quant à nous, nous apportons une dimension internationale, la compétence d’un bureau d’études reconnu, la création d’une usine spécialisée sur les composites pour les fuselages à Méaulte, et une bonne maîtrise d’une « supply chain » internationale. »

En effet avec le rachat du site de Méaulte, s'il se confirme, Latécoère deviendrait le numéro 1 européen dans les aérostructures.

MT Aerospace est une société allemande spécialisée dans la fourniture de composants pour les industries aérospatiale, aéronautique, et des télécommunications (antennes). Dans le domaine aéronautique le groupe est surtout spécialisé dans les structures demandant résistance et légèreté, les réservoirs en fibre composites alliant là aussi haute résistance et légèreté, fournissant tant l’aéronautique civile que l’aéronautique militaire (missiles). Le groupe produit aussi des éléments pour la mécanique des turboréacteurs et turbopropulseurs, pour les avions, et les hélicoptères.

GKN est un groupe britannique spécialisé dans de nombreux secteurs d’activités liés à l’aéronautique entre autres. Le groupe se présente comme le premier fournisseur de l’industrie aéronautique dans le domaine des aérostructures en composites. Déjà présent sur le marché US des avions de chasse, et en Europe (eurofighter), le groupe se déploie en plus dans l’industrie civile (airbus et Boeing) avec le rachat du site de Filton.