« Un secteur est en train de naître. Et on le sent. Le
drone civil virevolte dans les médias » (Les
Echos)
Il existe une grande agitation autour des aéronefs télépilotés (ndlr :
le langage de la DGAC pour qualifier les drones civils). Mais il ne faut les
confondre avec beaucoup d’appareils que les militaires utilisent. Leurs
performances, la charge utile et la complexité du système sont bien souvent
très différentes. L’activité professionnelle du drone civil se développe
rapidement grâce à deux arrêtés pris par le gouvernement en 2012 (cf ci-dessous).
Énormément de sociétés se positionnent
sur de la conception de drones et / ou sur de la prestation de services pour
des industriels (inspection d’un réseau de distribution d’électricité ou d’infrastructures,
relevé du niveau d’azote au dessus de terres agricoles, relevé topographique…) ;
pour l’audiovisuel (une société de
production a employé des drones pour filmer en avance les monuments
marquants traversés par le Tour
de France) ; pour les services
de l’Etat ayant un besoin de surveillance ou d’évaluation (incendie, catastrophe naturel, secours…)…
Pour bien comprendre le cadre général des drones civils en France, voici l’interview d’Emmanuel Remy, président d’UAS
Conseil, qui présente l'emploi, les applications et les enjeux des
drones civils :
Réglementation:
Il faut souligner que la France a
pris en 2012 de l’avance dans le développement et l’exploitation des drones
civils. Le cadre réglementaire français qui régit leur activité repose sur les
deux arrêtés du 11 avril 2012 « relatif
à l'utilisation de l'espace aérien par les aéronefs qui circulent sans personne
à bord » et celui « relatif
à la conception des aéronefs civils qui circulent sans aucune personne à bord,
aux conditions de leur emploi et sur les capacités requises des personnes qui
les utilisent ». Le marché s’articule autour de quatre scenarii de
vols (présentés ici
par la Fédération Professionnelle du Drone Civil).
Beaucoup considèrent le cadre réglementaire
comme trop limitatif mais la DGAC a pris l'initiative d'ouvrir le marche et est allée aussi loin que possible. La première
étape consiste à éprouver les drones et vérifier leur fiabilité pour à moyen terme élargir
le champ d’applications et convaincre l’autorité européenne – l’EASA. Une affaire de temps… dans la crainte que les
professionnels français perdent leur avance face aux Etats Unis (Drones
civils : l'Europe risque de rester à la traîne derrière les Etats-Unis)
La tension est donc très forte sur la réglementation de la DGAC. On vous rapporte ici la situation où un système de drones (deux appareils et une station sol de contrôle) de la Sécurité Civile « ne peut quasiment pas utiliser ses appareils du fait des contraintes réglementaires » (Usine Nouvelle). La société Bertin qui commercialise le drone HoverEye-Ex s’est plaint publiquement de la « réglementation castratrice » de la DGAC sur l’emploi des drones civils.
Applications:
Exemple d'une inspection de
lignes à haute tension pour anticiper des mesures de maintenance sur les
équipements.
En France, ERDF a un fort besoin d’évaluation de son réseau électrique et ses entités régionales ont de plus en plus recours aux services de prestataires de drone.
ERDF Rhône-Alpes
a contracté avec la société Delta Drone
pour utiliser leurs appareils dans le cadre d'opérations de maintenance de lignes
basse et moyenne tension. Les besoins d’ERDF :
- une
cartographie en 3D de ses transformateurs de forte puissance
- une expérimentation pour détecter des incidents sur les lignes
électriques en région et la réalisation de diagnostic pour les campagnes
d'élagage périodique autour des lignes aériennes. (F3
Rhône-Alpes)
ERDF Midi-Pyrénées a choisi Delair Tech pour
survoler le réseau moyenne tension du Gers (Sud Ouest).
Delair présente également le survol par drone de l'usine
hydroélectrique de Vouglans
pour le compte de Veolia (ici).
Présentation d’Azurdrones
Présentation de RedBird
Présentation d’Infotron
Présentation de Fly N Sense
Le cas américain:
Aux Etats Unis, le marché des
drones civils est poussé à la fois par des industriels de la défense comme AeroVironment qui a fourni des milliers des drones
légers pour les militaires et qui veulent se diversifier, par d’anciens de la Défense
comme Jonathan Downey ex-Boeing et fondateur d’AirWare, et par des startup (3D Robotics ; Skycatch…) qui apportent
des nouvelles technologies à un coût très bas. Les deux principaux freins du
marché sont la sécurité aérienne et l’évolution du cadre réglementaire.
Verbatim: “ One of the existing defence contractors
that is more excited about the potential domestic market is AeroVironment,
which sells military products such as the Raven, a small surveillance drone
that is launched by hand, weighs around 2kg and costs $40,000. The company
believes that lower costs and its history selling to the Pentagon will give it
advantages when pitching to the farmers and other civilian customers who might
begin to buy drones. “ (FT)
Chris Anderson, 3D Robotics: Its company “sells
small, easy-to-assemble models that can cost as little as $500. […] The PC beat
out the mainframe and the cell phone beat out satellite phones. The bottom-up
model fits for fast-moving technologies. It is easy to see the same thing
happening with drones.“ (FT)
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