__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

25 janvier 2011

Débat autour de la vente des Jetliners Airbus et Boeing

Les cables diplomatiques rendus publics par Wikileaks comportent, on s’en doutait, tout un volet sur le business de Jetliners Boeing et Airbus. Les enjeux de la vente de ces appareils sont devenus en effet fondamentaux pour les gouvernements et la balance commerciale de leur économie. Les deals atteignent vite plusieurs milliards de dollars (11,5 milliards $ pour la signature de 32 A380 en juin 2010 avec Emirates). Comptez en effet 56.9M $ pour un Boeing 737-600 jusqu’à 317.5M $ pour un Boieng 747-8 Jumbo ! Pour le nouveau Dreamliner le prix affiché s’élève à 185.2M $, selon la Price List de Boeing.

Dès lors, on comprend mieux que les services diplomatiques américains et européens soient sollicités au plus haut niveau par Boeing et Airbus pour appuyer leur démarche de ventes partout dans le monde.

Le processus de vente des Jetliners vient de faire l’objet d’une longue analyse du New York Times intitulée « Diplomats Help Push Sales of Jetliners on the Global Market » reprenant les cables de Wikileaks. Les auteurs Eric Lipton, Nicola Clark et Andrew Lehren rappellent qu’un accord commercial en vigueur depuis trente ans entre les Etats Unis et l’Europe prévoit de limiter toutes inférences politiques dans la vente d’avions.

La réalité est cependant bien différente : les deux constructeurs sont engagés dans une intense compétition pour placer leurs avions et profiter de la croissance exponentielle du transport aérien aux quatre coins du monde. Chaque constructeur mobilise en conséquent ses appuis pour sécuriser une vente et il est en théorie difficile de conclure l'ensemble d'un deal sans faire intervenir à un moment des autorités politiques. Un jeu de tractations diplomatiques s'ouvrent alors entre les autorités européennes/ américaines et les autorités locales ( compensations industrielles, visites d'Etat, garantie de crédit export , etc...)

En conclusion, “That is the reality of the 21st century; governments are playing a greater role in supporting their companies, and we need to do the same thing,” Mr. Hormats, ancien top manager chez Goldma Sachs cité par le NYT.

16 janvier 2011

Airbus A320 NEO : victoire industrielle de Safran - Snecma ?


Airbus a officialisé cette semaine le lancement du programme de remotorisation des avions de la famille A320, les A320 NEO (New Engine Option). Les premières livraisons sont attendues pour 2016. L’A320 NEO devrait réduire de 15% sa consommation en carburant, ses émissions de NOx, les nuisances sonores, ses coûts d’exploitation, et augmenter de deux tonnes sa charge marchande. Ces nouveautés complètent le dispositif des Sharklets qu’Airbus installera aux bouts de l’aile de l’A320 dès 2013 afin de baisser de 3,5% la consommation de fuel.
Airbus a hésité pendant plusieurs mois avant de prendre cette décision le temps d’évaluer les attentes des opérateurs Airbus prévoit un marché de 4000 A320 NEO sur les 15 prochaines années. Mais surtout Airbus a patienté longtemps pour solutionner son problème de main d’œuvre et trouver les ressources en interne capables de lancer et conduire ce nouveau programme.
Le constructeur proposera deux types de motorisation : le LEAP-X de CFM International (JV Snecma-GE) et le PurePower PW1100G de Pratt & Whitney. Derrière ce choix, une lourde bataille industrielle s’est jouée entre le constructeur et les équipes de SAFRAN-SNECMA-GE. Ces derniers ont en effet mis une grosse pression sur Airbus et Boeing fin 2009 en signant un partenariat avec les chinois de COMAC pour la motorisation du futur moyen courrier C919. En formalisant cet accord, SAFRAN-SNECMA-GE se sont engagés à fournir le C919 avec le nouveau moteur LEAP-X. Un avantage significatif qui aurait vieilli de facto les A320 et B737 équipés de CFM56 et handicapés significativement ses ventes.
Le choix chinois de SAFRAN-SNECMA-GE a fait beaucoup de vagues du côté de Toulouse. La réponse d’Airbus sera donc de proposer également le PurePower PW1100G de Pratt & Whitney.

17 décembre 2010

Marché des aérostructures - Latécoère vers un rapprochement (+MAJ1)

Latécoère annonce avoir identifié dix partenaires potentiels en vue d'un rapprochement. Le Président du Conseil de surveillance a officialisé hier son objectif industriel pour le groupe Latécoère gravement affaibli par une dette colossale.

Au printemps 2011, la nouvelle direction du groupe devrait présenter deux ou trois schémas de rapprochement aux parties prenantes du dossier, à savoir les créanciers, les avionneurs clients, et l’Etat français. Ces schémas devraient sceller la disparition de Latécoère sous sa forme indépendante et préconiser son intégration dans un ensemble plus important (Spirit, GKN, Aerolia… ?)

MAJ 1/ Nov 2011 : Latécoère annonce stopper sa quête de partenaire pendant 2 ans

Le groupe enregistre repousse sa recherche d’un partenaire qui devait initialement se terminer fin 2011. Latécoère avait laissé entendre qu’il lui serait difficile de trouver un partenaire rapidement en raison de la crise. Des manifestations d’intérêt ont été reçues d'Avic, de GKN ou encore du néerlandais Fokker-Stork.

En 2011, le groupe enregistre un chiffre d’affaires en hausse de 16,8%, à 373,1 millions d’euros. Latécoère justifie cette croissance par l’accélération de construction d’avions d'Airbus et Boeing. Cependant toutes les filiales ne se portent pas bien à l'instar de Latécis qui a fortement reduit la voilure en Allemagne.

16 décembre 2010

SAFRAN / ZODIAC : OPA hostile à l'étude ?


Troisième épisode dans le rapprochement entre les deux grands équipementiers français ZODIAC et SAFRAN. SAFRAN a évoqué la possibilité de lancer une OPA hostile pour racheter ZODIAC.

De coup, l’Autorité des Marchés Financiers a demandé à SAFRAN de préciser ses intentions : "Suite aux différentes publications intervenues au cours des dernières semaines et aux nouvelles déclarations reprises dans la presse, selon lesquelles la société SAFRAN pourrait déposer un projet d'offre publique visant les titres de la société Zodiac Aerospace, l'AMF a demandé à la société SAFRAN de publier, au plus tard vendredi 19 novembre avant Bourse, un communiqué afin d'informer le public de ses intentions". L’intervention de l'AMF faisait suite aux déclarations du président du directoire de SAFRAN Jean-Paul Herteman, qui a déclaré au salon de Zhuhai, qu'il y avait pour la société la possibilité théorique de faire une OPA hostile.

De son côté, ZODIAC réaffirme son hostilité à un rapprochement avec SAFRAN.



22 octobre 2010

Le Gouvernement tue l'industrie des hélicoptères


En France, il existe parfois des incohérences monumentales dans la politique publique menée par l'Etat en matière de réglementation aérienne. Hier, le Décret n° 2010-1226 du 20 octobre 2010 a été publié au Journal Officiel. Ce décret porte sur la limitation du trafic des hélicoptères dans les zones à forte densité de population. Et en un mot, ce décret tue le monde des exploitants d’hélicoptères en France !
Dorénavant, toutes les opérations d’hélicoptères seront très sévèrement limitées dans les « zones à forte densité de population ». C’est là que le bât blesse ! Car ces zones sont définie ainsi : « les agglomérations de largeur moyenne de plus de 3 600 mètres figurant sur la carte aéronautique au 1 / 500 000 de l'Organisation de l'aviation civile internationale, publiée par l'Institut géographique national, ainsi que l'ensemble des points du territoire situés à moins d'un demi-mille nautique (926 mètres) de ces agglomérations, cette dernière extension étant réduite à 463 mètres côté mer pour les agglomérations littorales ».
Bref, avec cette définition, la moindre petite ville de province tombe sous le coup de cette réglementation !
Ce décret reprend une loi de 1992 qui visait à régler des problématiques de l’époque avec des appareils plus bruyants et polluants. En 2010, les données ont changé !
C’est une honte, dans un pays qui a inventé l’hélicoptère et qui cherche aujourd’hui à relancer son économie, que la puissance publique décide d’anéantir tout un pan exceptionnel de l’aviation par un décret !
Une fois de plus, le Gouvernement porte atteinte à l'industrie aéronautique et aux hélicoptères en particulier sans prévenir ! Quel massacre stratégique ! L’industrie ne pourra pas tenir tous les défis des économies émergentes et en même temps subir des opérations de sabordages sur son propre territoire. Alors que les français disposent d’une très belle société avec les allemands, il n’y a qu’un pas pour qu’Eurocopter parte sous d’autres cieux, plus cléments.
Adrien Cortoux 

06 octobre 2010

L'Aquitaine et Bordeaux en soutien de la filière drone

La Région Aquitaine et Bordeaux poursuivent leur soutien à la filière drone sur leur territoire (convention à Eurosatory en juin, cluster systèmes de drones en juillet). La récente convention d'affaires UAV Europe, organisée par Bordeaux Technowest en septembre dernier témoigne du volontarisme affiché par les collectivités pour stimuler une filère jugée très porteuse. La Région Aquitaine s'appuie sur le groupe Thales et sa filiale Thalès Systemes Aeroportés pour animer la filière (site de Pessac, 900 salariés). Depuis déjà plusieurs années, Thales s'est engagé soit dans le soutien de PME innovantes soit dans un partenariat avec des laboratoires de recherche.