__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

28 janvier 2009

Les défis énergétiques et environnementaux du transport aérien

Le secteur de l’aéronautique doit faire face à des défis énergétiques au vu de la raréfaction du pétrole et à l’augmentation du trafic aérien. Parallèlement Le transport aérien doit devenir plus « vert ». Pour cela, il doit favoriser la recherche de carburants issus de ressources renouvelables, continuer à réduire la pollution sonore autour des aéroports…

Les défis énergétiques :

1. Réduire la consommation moyenne de kérosène par passager de 50% entre 2000 et 2020.

2. Rechercher des combustibles de substitution. Les combustibles de substitution envisagés sont classés en 3 catégories qui sont :

Hydrogène, méthane/GNL

Carburants synthétiques issus de ressources fossiles

Biocarburants

Selon Paul Kuentzmann, « l’idéal serait un substitut au kérosène conventionnel ne nécessitant qu’un minimum de modifications de l’avion et des moteurs ». Les 3 types de substituts envisagés présentent cependant des inconvénients : l’utilisation d’hydrogène liquide nécessitera l’aménagement des aéroports et la mise au point de « cryoplanes » et d’un système de production massive. Les réserves de gaz naturel ne semblent pas supérieures à celles du pétrole.

A l’inverse, des résultats prometteurs sont apparus lors de diverses études réalisées sur les biocarburants et plus particulièrement sur les carburants F.T. (procédé Fischer-Tropsch) issus de déchets de bois.

Le défi environnemental :

Lors du colloque ANAE, 3 objectifs environnementaux pour l’aviation ont été proposés :

1.Réduire la pollution sonore autour des aéroports

2.Améliorez la Qualité de l'air Local près des aéroports en réduisant les émissions d'azote (NO et NO2) dans le cycle LTO (A landing and take-off cycle).

3.Réduire la participation de l’aviation au changement climatique

Ces objectifs étant majoritairement liés aux moteurs, de nombreux travaux sont en cours chez les avionneurs (par exemple Boeing QTD1 and QTD2), chez les motoristes et au niveau scientifique (NASA, UK/USA Silent Aircraft Initiative).

Parallèlement, les campagnes scientifiques de mesure des émissions polluantes sont encore rares alors que « Le rôle des activités anthropiques dans le changement climatique est majoritairement admis, l’aviation y participe ». La contribution majoritaire au changement climatique est celle du CO2 : la combustion de 1 kg de kérosène produit 3,5 kg de CO2. Le site de l’OACI propose à ce sujet un calculateur d’émission de Carbone ainsi que de nombreuses publications sur les émissions de CO2.

Le choix du combustible de substitution devra aussi prendre en compte ses émissions de CO2. Ainsi, l’hydrogène produit à partir d’eau et d’énergie nucléaire présente un grand intérêt environnemental. De même, les biocarburants présentent un avantage car ils participent au cycle du carbone.

Pour conclure, il semble que ces défis détaillés en octobre 2007 soient toujours à l’ordre du jour pour le secteur de l’aéronautique. Cependant, en raison de la crise actuelle, ces défis sont relégués au second plan aujourd’hui. Les avionneurs, notamment AIRBUS et BOEING, sont confrontés à des difficultés économiques et structurelles majeures, lesquelles les obligent à revoir leurs priorités.

La « révolution verte » de l’aéronautique est donc freinée, comme l’illustre le projet A350. En effet, cet avion, annoncé comme étant un aéronef « plus écologique » par sa structure et ses caractéristiques techniques, est une des victimes de la crise. Le projet accumule déjà de nombreux mois de retard.

21 janvier 2009

En quoi l’intelligence économique participe-t-elle aux succès des Innovations ?

L’innovation est un processus complexe et incertain qui met en jeu de nombreux acteurs et diverses compétences

L’innovation [1] semble présenter une dualité technologie-marché. A ce propos, Schumpeter, parle d’une « mise en marché réussie d’un produit/procédé/service nouveau ». Elle traduirait l’entropie créatrice de sa structure hôte. En effet, l’entreprise est le lieu de l’innovation. Selon Alter (vision cognitive), l’innovation résulte d’échanges relationnels dynamiques plus ou moins conflictuels.

En effet, pour innover, une entreprise doit créer des relations avec des partenaires. De plus, l’innovation semble posséder une structure intrinsèque complexe, au sens de Le Moigne. Autrement dit, cette organisation implique la caractérisation d’un système relationnel complexe.

Il semble que l’innovation soit dépendante de l’environnement. C'est-à-dire qu’elle influe et est influencée par un marché ainsi que par l’environnement (qui est caractérisé par la présence d’acteurs non économiques) dans lequel elle évolue. Le groupe de recherche PRIMECA (vision systémique) définit d’ailleurs une activité innovante comme une activité issue d’un objet nouveau durablement intégrée à son environnement.

L’innovation implique un positionnement stratégique de l’entreprise tourné vers l’innovation, un ou plusieurs projets d’innovation qui sont plus ou moins définis, la mise en relation d’acteurs aux intérêts différents (parfois contraires). Elle nécessite un marché (plus ou moins grand, accessible, connu) qui est généralement régi par des normes et des règlementations qu’il faudra respecter. Innover nécessite diverses compétences telles que la créativité, l’autonomie, l’esprit expérimental, la capacité à repérer les opportunités, des compétences intégratrices, la capacité à traiter des données relevant de disciplines variées, l’aptitude à adopter différents points de vue, l’esprit critique et le goût de la concrétisation.

L’intelligence économique et la veille

Selon Alain Juillet [2], l’intelligence économique est un mode de gouvernance dont l’objet est la maîtrise de l’information stratégique et qui a pour finalité la compétitivité et la sécurité de l’économie et des entreprises. Le rapport Martre en 1994 définit l’intelligence économique comme l’ensemble des actions de collecte, d’analyse et de diffusion de l’information utile aux différents acteurs économiques. Ces diverses actions sont menées légalement, dans les meilleures conditions de délais et de coûts. L’intelligence économique permet aux entreprises d’effectuer des actions d’influences, telles que le lobbying. Elle sert également à protéger l’entreprise contre tous les risques et les menaces liés à la sécurité, à la sûreté, à l’environnement et au management. Selon Bernard Besson et Jean-Claude Possin [3], l’intelligence économique est la maîtrise concertée de l'information et de la coproduction de connaissances nouvelles. Elle est l'art de détecter les menaces et les opportunités en coordonnant le recueil, le tri, la mémorisation, la validation, l'analyse et la diffusion de l'information utile ou stratégique à ceux qui en ont besoin. Pour l'essentiel, l'intelligence économique est un cycle d'informations dont la finalité est la production de renseignements stratégiques et tactiques à "haute valeur ajoutée".

Selon Daniel Rouach [2], la veille est l’art de repérer, collecter, traiter, stocker des informations et des signaux pertinents qui vont irriguer l’entreprise à tous les niveaux de rentabilité, permettre d’orienter le futur (technologique, commercial…) et également de protéger le présent et l’avenir face aux attaques de la concurrence. La veille se pratique dans la légalité et le respect des règles de déontologie. Il existe différentes spécialités de la veille qui sont: la veille marketing et commerciale, la veille concurrentielle, la veille juridique, la veille sectorielle, la veille sociopolitique ou sociétale ou environnementale, la veille stratégique et la veille scientifique et technologique.

L'Intelligence économique, soutien de l’innovation

D’après ce qui a été rappelé précédemment, une innovation se définit en partie par son succès commercial. Or, le succès commercial d’une innovation est, par définition difficile à prédire. Cette dernière étant une nouveauté destinée à un marché potentiel non réellement définit, réaliser des études classiques ne me semble pas être la solution la plus pertinente. Et cela plus particulièrement dans le cas d’innovations radicales.

Avant la mise en route du projet d’innovation : l’intelligence économique peut participer au succès d’une innovation. En effet, les actions de veille mises en place permettent de s’assurer de l’existence d’un marché pour la future innovation. Inversement, une veille régulière d’un marché ou de l’environnement d’une entreprise peut mettre en évidence l’existence d’un besoin nouveau. Ce nouveau besoin pourrait conduire à une idée qui deviendra une innovation.

Lors de la conduite du projet lui-même : les outils et actions de l’intelligence économique seront chargés de l’étude de l’environnement de la future innovation ainsi que de la surveillance des signaux faibles, mise en conformité de la future innovation en fonction de l’évolution du marché. Préparer le marché en diffusant des informations choisies sur le projet en cours et surtout sur les améliorations que l’innovation apportera aux clients. S’assurer de la cohérence de l’innovation avec la réglementation en vigueur. Et mettre en place des actions d’influence dans le cas contraire.

Lors de la mise sur le marché de l’innovation : la cellule d’intelligence économique sera chargée d’assurer la diffusion d’une communication positive sur l’entreprise et sur l’innovation. Elle orchestrera aussi la présence d’informations sur les medias de référence du secteur.

Ces quelques exemples d’actions plus offensives que celles décrites par Alain Juillet, Bernard Besson et Jean-Claude Possin sont plus adaptées à l’innovation. Elles montrent le rôle que peut jouer l’intelligence économique dans le succès des innovations.

SOURCES

1. Vincent Boly (1993), Ingénierie de l’innovation, Organisation et méthodologies des entreprises innovantes, Hermes Science Publications Lavoisier

2. Conférence Intelligence des risques du 4 avril 2008 organisée par le Forum atena à l’ISEP

3. Bernard Besson et Jean Claude Possin (2006), Intelligence des risques, IFIE

16 janvier 2009

Chine, la culture de la copie

La Chine est très active sur le marché de la défense en général et sur celui de l'aéronautique en particulier. Mais le développement aussi rapide de l'industrie de défense chinoise est certes dû au grand nombre d'ingénieurs mobilisés dans le pays le plus peuplé du monde mais aussi à la culture de la copie et de l'espionnage industriel pratiqués en Chine. Ce phénomène avait déjà été dénoncé en 2007 lors du salon automobile de Francfort par Angela Merkel qui précisait que son pays était disposé à faire des affaires avec la Chine pour autant que cette dernière respecte les règles de fonctionnement du marché.

Elle reprochait aux chinois de copier les technologies et le design des voitures allemandes, réputées pour leur classe. Cependant, ce phénomène se vérifie également s'agissant de l'industrie aéronautique.

Hier

En 2006, la Chine avait réussi à participer à la conception et à la fabrication de l'A 350. Les sociétés AVIC I et AVIC II avaient signé mi-2006 avec Airbus les accords du lancement du centre technique de l'Airbus à Pékin, qui a été mis en opération en juillet 2005. En outre, la Chine est chargée de la fabrication de 5% des parts de l'A350. Et une cinquantaine d'ingénieurs chinois avait bénéficié de formations en Europe avant de retourner au pays et d'intégrer le centre de Pékin. Deux ans plus tard, AVIC I et AVIC II ont fusionné pour former la China Aviation Industry Group Corp.

Aujourd'hui

La Chine vient d'annoncer en ce début d'année la sortie du nouveau réacteur à turbosoufflante à double flux (ou turbofan) WS-18 pour le bombardier H-6K de l'Armée Populaire de Libération (armée chinoise). Ce modèle est développé par la CEGC (Chengdu Engine Group Company) et a réalisé son premier vol d'essai le 5 janvier 2007, selon la CEGC. Mais la communication chinoise est intéressante sur ce sujet puisque des sources Internet chinoises (dont nous savons tous qu'elles sont contrôlées par l'appareil d'Etat) précisent que le réacteur WS-18 n'est ni plus ni moins... qu'une copie du réacteur turbofan russe D-30K2 et son premier vol est attendu pour 2012.

Par ailleurs, l'hélicoptère chinois Z-9A exporté aux forces aériennes laotiennes ressemble étrangement au Dauphin français utilisé notamment dans l'armée française. La production du Dauphin a été initiée dans les années 1970. Comparons les deux appareils: tout d'abord le Dauphin français, en suite le Z-9A chinois:

Cela laisse d'autant plus songeur que Flyintelligence s'était déjà fait l'écho d'un A320 qui avait disparu en Chine, suggérant que la Chine se livre à des activités aussi intenses que secrètes de reverse engeneering sur cet appareil afin d'en déterminer les technologies.

Au surplus, rappelons que la Chine s'est massivement équipée du système d'exploitation libre Linux afin de s'affranchir des systèmes d'exploitation américains et ainsi affirmer encore plus son indépendance technologique. La Chine assume donc une posture de guerre économique et même si certaines technologies transférées par nos soins à ce pays ne sont pas toutes les dernières versions, les Chinois apprennent vite et le volume de leur démographie leur permet de gagner du temps dans les processus de conception et de fabrication, comme en témoigne leur activisime actuel.

06 janvier 2009

Russie: approvisionnement en titane pour Airbus et Boeing

Flyintelligence vous informe du projet de signature d'un contrat (pour fin janvier 2009) entre le groupe russe VSMPO-Avisma et Airbus portant sur la fourniture de titane à l'industriel français. Ces livraisons de titane seraient échelonnées jusqu'en 2020, matérialisant ainsi un partenariat sur le long terme. Au surplus, rappelons que les Russes ont signé un accord avec Boeing en 2007 sur le même sujet.

Cette annonce s'inscrit dans le droit fil de l'affirmation de la puissance russe à travers les ressources naturelles de la Russie. Cette dernière utilise ses ressources comme arme au service de sa puissance. Ainsi, la Russie a cessé d'alimenter l'Ukraine en gaz depuis le 01e janvier 2009, les Balkans (Bulgarie, Grèce, Macédoine) et l'Asie mineure (Turquie) depuis aujourd'hui. Le président semestriel (tchèque) de l'Union Européenne ainsi que la Commission Européenne ont condamné cette situation: "Sans alerte préalable et en claire contradiction avec les assurances données à l'Union européenne par les plus hautes autorités russes et ukrainiennes, les approvisionnements de gaz à certains Etats membres ont été coupées de manière substantielle. La situation est complètement inacceptable".

A deux semaines de la prise de fonction de Barack Obama, à un mois des élections israeliennes et du trentième anniversaire de la révolution islamique en Iran, la Russie rappelle une fois encore qu'il faudra compter sur elle. Aussi, elle fait en sorte de transformer une dépendance occidentale en titane en une dépendance occidentale en Russie au moins jusqu'en 2020. Les Russes sont vraiment les meilleurs joueurs d'échecs au monde...

Source: http://fr.rian.ru/business/20090106/119378931.html

23 décembre 2008

Approvisionnement stratégique : l'enjeu du cobalt

Flyintelligence s'arrête aujourd'hui sur les opportunités offertes par le cobalt.

Présentation du cobalt

Le cobalt est un élément que l'on trouve dans toutes sortes de composés chimiques présents dans l'environnement. Il s'agit d'un métal d'un blanc irisé, rougeâtre, peu brillant et très difficile à fondre. C'est une substance terreuse naturellement présente en quantités infimes dans le sol, les plantes et les aliments. A l'état pur, le cobalt est un métal dur et brillant, de couleur gris acier ou noire. Il existe aussi comme cobalt II et cobalt III, qui forment un certain nombre de sels organiques et inorganiques. En outre, le cobalt est l'un des 27 éléments essentiels du monde. Il a beaucoup d'applications stratégiques et irremplaçables, constitue un composant central de la vitamine B 12 et aide l'organisme à assimiler cette vitamine qui participe au bon fonctionnement du système nerveux.

Le cobalt a un point de fusion élevée (1493° C) et maintient sa force à une température élevée. Il sert à réaliser des outils de coupe, des superalliages, des enduits de surface, des aciers à vitesse élevée, des carbures cémentés, des outillages de diamant.

Le cobalt est ferromagnétique (le nickel et le fer le sont aussi) et maintient cette propriété à 1100°C, une température plus élevée (Point de Curie: température à laquelle le matériau perd son aimantation spontanée) que n'importe quel autre matériau, et entre dans la composition d'aimants d'Alnico, de matériaux magnétiques mous et d'aimants samarium-cobalt.

Le cobalt produit des couleurs bleues intenses - bleu de cobalt dans les peintures, les glaçures, les émaux, etc. Bien qu'en terme de propriétés, les alliages à base nickel se soient pris la part du lion du marché des superalliages, les alliages à base cobalt continuent à être employés parce que:

- ils ont une température de fusion plus élevée que les alliages à base nickel ou à base fer, leur donnant ainsi leur capacité à absorber des contraintes à très hautes températures;

- ils offrent une meilleure résistance à la corrosion, en raison de leur forte teneur en chrome;

- ils affichent une meilleure résistance à la fatigue thermique ainsi qu'une meilleure soudabilité que les alliages à base nickel.

Applications du cobalt

Dans le domaine médical, La vitamine B 12 est employée dans le traitement contre l'anémie, maladie constituée par un déficit en vitamine B 12. Cette vitamine a pour effet de favoriser la production de globules rouges. Le cobalt sert également à la réalisation d'alliages pour les couronnes dentaires. Le cobalt 60 sert aussi dans la radiothérapie pour le traitement de certains cancers.

Dans le domaine automobile, le cobalt entre dans la composition de certaines batteries de voitures hybrides qui contiennent entre 2,5 et 5 kg de cobalt. Et le marché des voitures hybrides est en développement chronique. Au surplus, le cobalt maintient mieux la charge électrique que n'importe quel autre métal.

Toutefois, le cobalt trouve également des applications dans le secteur aéronautique. Sa grande résistance aux très hautes températures contribue à son emploi dans la production de superalliages (nécessaires aux fabricants de turboréacteurs), dont il améliore la résistance mécanique, la tenue à l'usure et à la corrosion. Selon un article du Financial Times du 14 juillet dernier, le développement de turboréacteurs économes requiert des alliages exotiques et des revêtements céramique pouvant supporter la température interne des réacteurs qui dépasse le point de fusion des composants métalliques non traités: “Developing fuel-efficient engines requires the use of exotic alloys and ceramic coatings that can cope with internal engine temperatures that would be above the melting points of untreated metal components". Un superalliage constitue "un alliage développe destiné à servir à des températures élevées, habituellement basé sur des éléments du groupe VIIA devant supporter une contrainte mécanique relativement sévère et exigeant une stabilité de surface élevée" (Source: Cobalt Development Institute). Les éléments du groupe VIIA, égalements appelés halogènes, sont des éléments de la série chimique numéro 17 (astate, brome, chlore, fluor, iode) de la classification périodique des éléments élaborés par Dmitri Mendeleïev en 1869. Si la production des turboréacteurs constitue la locomotive du marché des alliages, l'utilisation des alliages trouve cependant des applications dans beaucoup d'autres domaines: tous les types de turbines, les véhicules spatiaux, les moteurs de fusées, les réacteurs nucléaires, les usines électriques, des équipements chimiques.

Au surplus, le cobalt fait l'objet d'une demande croissante en raison de l'augmentation des dépenses militaires mondiales. Si les Etats-Unis ont augmenté ce type de dépenses en raison de leur présence sur un grand nombre de théâtres extérieurs, ils ont été imités par d'autres grandes puissances, telles l'Inde, le Brésil, La Chine ainsi que quelques pays du Moyen-Orient. Le cobalt entre en effet dans la composition de certains équipements militaires.

Où trouve-t-on du cobalt?

N'étant pas particulièrement rare, le cobalt se classe au 33e rang des métaux les plus abondants sur Terre. Son extraction est cependant limitée à certains pays en raison de sa diffusion inégale dans la croûte terrestre. Près de la moitié de la production mondiale (44 %) s'effectue à partir d'oxydes et de sulfures de minerais de nickel, de cuivre ou fer (Source: EDF).

Les enjeux du cobalt

Les impératifs de développement durable engendrent de nouveaux défis pour l'industrie aéronautique et spatiale mais dessinent également une géoéconomie nouvelle, articulée autour des besoins des filières stratégiques des grandes puissances. Si ces besoins ne sont pas nouveaux, ils tendent à devenir durablement croissants voire – osons le terme – infinis alors même que les ressources naturelles sont finies. A terme, cette dépendance nécessitera de s'en affranchir autant que faire se peut en constituant des réserves de cobalt. Les Etats-Unis et l'U.R.S.S. avaient constitué des réserves de cobalt durant la guerre froide, dont le stock est aujourd'hui épuisé. Le cours du cobalt a lourdement chuté suite à la grave crise financière de 2008, passant de 50 dollars à près de 12 dollars. Le moment est donc idéal pour constituer à moindres frais des réserves de cobalt pour nos industries stratégiques avant que d'autres pays n'aient la présence d'esprit de le faire et que le cours ne remonte. Ou comment tirer parti intelligement et efficacement de la crise financière.

Sources:

http://online.wsj.com/article/SB121599453104049589.html

http://artdiamondblog.com/archives/leapfrog_competition/

http://www.sfc.fr/Donnees/metaux/co/texco.htm

http://www.thecdi.com/about-cobalt

http://www.thecdi.com/general.php?r=U6ENJVRWAA

http://www.ene.gov.on.ca/cons/3793f.htm