__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

24 juin 2010

ATR : nouveau patron; nouvelle ligne d'assemblage en Chine ?

ATR a annoncé la nomination de l’Italien Filippo Bagnato comme président exécutif du constructeur, JV d'EADS et d'Alenia. C'est l'alternance après le mandat de trois ans du Français Stéphane Mayer.

Filippo Bagnato a déjà exercé cette fonction entre 2004 et 2007. C'est donc la deuxième fois que ce dirigeant est éloigné des affaires aéronautiques italiennes. Il a une longue carrière dans l'aéronautique militaire avec une participation dans le programme Eurofighter, la vice-présidence d’Aermacchi et la présidence de Lockheed Martin Alenia Tactical Transport Systems. Il vient de la branche aéronautique du Turin et aurait pu prétendre aux premières places chez Finmeccanica et Alenia.

Ce nouveau challenge ne sera pas de tout repos ! Le nouveau président exécutif va devoir piloter le lancement probable du nouveau programme d'avion turbopropulseur de 80/100 places (en partenariat avec Embraer ? ) et maintenir le succès commercial du constructeur (54 avions livrés en 2009 pour 1,4 milliards de chiffres d'affaires).

Depuis déjà deux ans, ATR réfléchit à l'ouverture d'une ligne d'assemblage en Chine. Pour ce dossier, ATR avait engagé des pourparlers avec le fabricant Anhui Lianhua Industry pour coproduire des ATR dans ce pays. ATR ne ferait qu'emboiter le pas d'Airbus qui a déjà ouvert une FAL d'A320 à Tianjin. Surtout, ATR doit conforter son succès auprès des opérateurs dans un contexte concurrentiel de plus en plus fort. Les discussions avec Anhui n'avaient pas abouti mais la question reste toujours d'actualité puisque le chinois Xian Aircraft souhaite également conclure un accord industriel avec Anhui. Xian propose le MA60, MA600 et bientôt le MA700..

14 mai 2010

LATECOERE, le crépuscule d’un joyau industriel français

Mise à jour - 31 aout 2010 : Pierre Gadonneix, ancien PDG d'EDF, va être nommé président du conseil de surveillance de LATECOERE. Le nouveau président du conseil de surveillance a d’ores et déjà annoncé rechercher un partenaire en Europe dans un marché de l’aérostructure encore trop éclaté. Aux Etats Unis, Vought et Spirit dominent ce métier ; Mitsubishi et Kawasaki au Japon. Pierre Gadonneix a aussi émis l’hypothèse que le Fonds Stratégique d'Investissement pourrait se joindre à la nouvelle stratégie de l’équipementier.

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Plus que tout autre secteur, l’aéronautique se prête à une démarche d’intelligence économique. L’industrie aéronautique fait face à plusieurs défis d’ordre technologique, environnemental et réglementaire. Les défis sont aussi monétaire et concurrentiel. Latécoère, grand équipementier, en fait actuellement les frais. Une histoire en cours qui mérite toute notre attention et sur laquelle une politique d’intelligence économique a beaucoup à dire.

Latécoère, grand sous traitant toulousain de 3800 personnes, s’approche dangereusement d’un naufrage. Cotation en bourse suspendue, dette abyssale, partenaires méfiants, stratégie défaillante, Latécoère traverse une passe difficile depuis quelques mois. Latécoère s’affaiblit gravement et étouffe de plus en plus dans le paysage industriel français.

Le retournement est radical pour cette société qui apparaissait en 2008 comme un exemple à suivre. Faisant figure de « véritable laboratoire industriel » selon le journaliste Pierre Sparaco, Latécoère avait choisit « une croissance externe exceptionnelle, d’écraser ses coûts, d’accroître sa rentabilité et de s’extraire imperceptiblement de la zone euro, de s’internationaliser en ignorant totalement les frontières.»

Pour rappel, Latécoère intervient sur deux marchés de l’aéronautique, essentiellement l’aérostructure (tronçons de fuselage et portes, deux tiers du chiffre d’affaires) et le câblages / systèmes embarqués (27 % du CA). Ces marchés sont mondiaux. La tendance est à la concentration des acteurs de ces marchés. La concurrence est rude avec trois américains, trois japonais, un britannique et un italien (les autres étant de plus petites tailles).

Parmi eux, Latécoère est une pépite parce qu’il se distingue avec sa stratégie multi-clients. Latécoère a considérablement diversifié sa dépendance en partageant son portefeuille de clients entre Airbus (39%), Boeing (30%), Embraer (13%), Dassault (13%) et Bombardier (5%).

2008, le tournant : Latécoère est fragilisé depuis l’échec du rachat des sites d’Airbus à Méaulte et Saint Nazaire. En Janvier 2008, la Direction de Latécoère annonçait pourtant fièrement qu’EADS avait choisi sa société pour la reprise des usines françaises d’Airbus. Latécoère nourrissait alors une ambition de figurer dans les dix premiers équipementiers aéronautiques mondiaux.

L’échec est alors patent lorsque Latécoère annonça la rupture des négociations avec EADS. Plusieurs raisons ont été invoquées par la Direction: une conjoncture économique maussade, une parité euro dollar et une politique de la BCE qui pénalisent l’aéronautique européenne et l’incapacité à trouver une solution en Allemagne.

Il s’agit d’un coup d’arrêt net pour l’équipementier en France, dans un contexte où EADS conclut les négociations avec le britannique GKN pour son usine de Filton et conclut la vente du site de Laupheim à l'allemand Diehl. Latécoère sort affaibli de cet épisode et bascule d’une position offensive à une position défensive. De maillon fort, la société est renvoyée à un niveau de sous traitant pris dans un rapport de force industriel entre plusieurs pays qui veulent afficher leur leadership sur ce marché et lorgnent désormais sur la société française.

Un patrimoine industriel unique

La société Latécoère est plus d’une société d’aéronautique. Latécoère a porté la création d’une aéronautique française. A son origine, on trouve Pierre George Latécoère qui prend la direction des entreprises familiales en 1905 et décide de diversifier les activités de la société éponyme. Durant la première guerre mondiale, la société obtient la fabrication de mille avions de reconnaissance biplaces. Comme la société est novice dans la construction aéronautique, l'administration lui affecte des équipes qualifiées (Art et Métiers, Ecole Bréguet, etc…). C'est là le début de l'industrie aéronautique à Toulouse. Après la guerre, l'avion apparaît de plus en plus comme un moyen de transport d'avenir. P. Latécoère décide alors de développer des lignes aériennes (Espagne, Maroc, Algérie…) qui ont durablement arrimé la France dans l’aéronautique. Latécoère continua la production de 65 modèles d’avions et participa significativement à la construction d’un territoire aéronautique dans la région toulousaine. Un territoire qui occupa toute sa place dans l’émergence de l’Aérospatiale et du G.I.E AIRBUS.

La fragilisation aujourd’hui de Latécoère menace un territoire et toute une filière. Un patrimoine qui doit être remis sur des bases saines après le renouvellement d’une grande partie du management. La société ne pourra peser dans les affrontements industriels qui se profilent sans un soutien de l’Etat. Dans le cas contraire, ce patrimoine sera démantelé et vendu par appartements à ces concurrents nord américains, japonais ou britanniques.

L’industrie aéronautique repose sur les sous traitants. D’un côté Airbus & Boeing font prendre de plus en plus de risques à leur premier cercle de fournisseurs. D’un autre côté, ce sont les motoristes, les systémiers et les grands équipementiers qui décident de l’arrivée des nouveaux entrants chinois, indiens ou russes sur le marché. En décidant de participer ou non aux grands programmes lancés dans ces pays, ces sous traitants conditionnent le succès commercial d’un avion.

Latécoère a joué le jeu en lançant de grands investissements en R&D sur les programmes majeurs de la dernière décennie. Latécoère a subi de plein fouet les très nombreux retards : A380, premier A350, A400M, Boeing Dreamliner 787. Mais c'est aussi un modèle de développement qu'il faut questionner, celui de la délocalisation. Latécoère a été précurseur la dedans alors même que ses prestataires français pouvaient s'aligner sur les prix (exemple de la République tchèque).

On concluera sur le mot du Professeur Harbulot : "La lecture du rapport de Lilas Demmou sur la désindustrialisation de la France (document de travail de la Direction Générale du Trésor et de la Politique Economique, février 2010) indique que 63% des destructions d’emploi en France sont dues à la mondialisation. Il est évident qu’il faut passer à l’action sur un maximum de fronts pour stopper cette hémorragie. L’économie de territoire n’est pas un pis aller, elle doit être le passage obligé d’une reconquête de positions en termes de marché..."

Adrien

30 avril 2010

AIRBUS : les allemands joueront ils encore le jeu avec les français ?

Cet article fait suite à la publication d’Usine Nouvelle « AIRBUS prépare son Yalta industriel ». Le très bon papier d’Hassan Meddah pointe les solutions trouvées par le management d’AIRBUS pour optimiser son modèle industriel et relever le défi du lancement de l’A350, de la rationalisation de l’A380 et de la préparation du successeur de l’A320, la poule aux œufs d’or d’AIRBUS.

FLYINTELLIGENCE est assez dubitatif quant à la réorganisation industrielle qu’entreprend le constructeur. La logique défendue est pourtant implacable : « Pour gagner en efficacité et compresser ses coûts, la direction d'AIRBUS a décidé de miser sur la spécialisation de ses sites d'assemblage. La ligne de partage des eaux, arrêtée par Louis Gallois, et confirmée par Tom Enders confie à Hambourg la charge des futurs monocouloirs, programmés pour l'après-2020, et à Toulouse celle des longs courriers (A330, A340, A350, A380). »

On est donc face un dilemme : optimisation du modèle industriel vs parité franco-allemande/participations croisées. De notre point de vue, le problème est de convaincre les allemands de jouer européen et pas uniquement allemand. On constate que nos sympathiques voisins d’outre-Rhin se sont évertués à reconstituer un savoir faire en Allemagne depuis les quinze dernières années et encore plus depuis la création d’EADS. Problème : cette politique d’accroissement de puissance industrielle aéronautique n’est elle pas en contraction avec l’idée même du consortium européen et de parité franco-allemande ?

L’Allemagne, force motrice : Jusqu’à présent, les allemands ont-ils eu un effet positif au sein d’AIRBUS ? Oui, sans aucun doute ! Ils sont depuis l’origine d’AIRBUS la pierre angulaire du constructeur. Sur les quarante dernières années, c’est la parité qui a prévalu. De plus la création d’EADS au tournant des années 2000 avec les allemands a permis au constructeur européen de voir sa part de marché passée de 20% en 1998 à plus de 50 % aujourd’hui. Les allemands ont aidé AIRBUS à conquérir le marché mondial de l’aviation commerciale au détriment de BOEING.

Problème de Supply chain : La spécialisation Allemagne = Monocouloirs / France = Longs courriers pose un premier problème essentiel, celui de la sous traitance. AIRBUS rappelle que l'assemblage ne représente que 5 % de la valeur d'un avion. Ceci signifie que la majorité de la valeur est apportée par les équipementiers et la supply chain. Or il est clair que les allemands privilégieront l’usinage, la production, l’approvisionnement chez des sous traitants du bassin d’Hambourg et non de la région Midi Pyrénées. Il n’y a qu’à regarder la déconfiture actuelle de LATECOERE pour voir comment chaque fournisseur sera sacrifié sans problème.

Problème de pérennité de la structure : Optimiser le modèle industriel d’AIRBUS de cette manière revient à creuser un sillon de plus en plus important entre deux activités, Monocouloirs / Longs courriers, qui ont peu de choses en commun. Le risque est qu’à la première friction politique, la tentation réapparaise de séparer plus encore le pôle France et le pôle Allemagne. Le risque est réel mais faut il blâmer les allemands ? Le top management français d’AIRBUS et d’EADS a montré depuis 2006 sa grande faiblesse (délit d’initiés et autres farces de ce genre). De plus, il est lamentable que les intérêts français au niveau de l’actionnariat soient si mal représentés. Le journal « Les Echos » pointait cette semaine la participation sans passion du groupe Lagardère. Du coup il n’est pas étonnant que les allemands aient souhaité consolider leur propre structure et prendre leur distance avec les pratiques françaises.

AIRBUS est à un tournant de son histoire. Le challenger, maintenance leader, doit renouveler sa gamme, faire face à BOEING et aux nouveaux entrants. Les options stratégiques qui se décident actuellement chez AIRBUS / EADS impacteront (hypothèqueront ?) grandement l’avenir de l’industrie aéronautique civile française .

Adrien

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Source :

USINE NOUVELLE :AIRBUS prépare son Yalta industriel

02 avril 2010

Figeac Aero scelle sa stratégie avec Aerolia

Figeac Aero a signé cette semaine un contrat évalué à 100 millions de dollars US avec AEROLIA, filiale d’EADS. Ce contrat porte sur l’étude et la production de planchers pour le futur A350XWB d’Airbus.

L’ingénierie sera assurée par la société Avantis, la production par Figeac. L’exécution de ce contrat se fera sur plusieurs années et devrait à terme mobiliser 40 salariés, soit près de 10 % des salariés de l’entreprise.

Figeac mise un maximum sur la montée en puissance du programme A350. En 2009, la société avait déjà remporté deux contrats relatifs aux ailes et aux mâts réacteurs de cet avion. Valeur estimée : 200 millions de dollars.

Le chiffres d'affaires CA 2009 a été de 47 millions d’euros contre 63 en 2008. L'objectif 2010 est d'atteindre les 62 millions d’euros de CA.

Investissements :

Aerolia et Figeac ont amorcé un partenariat portant sur la réalisation de pièces aéronautiques élémentaires en Tunisie, à MGhira. Les investissements consentis ont été de 7 millions d’euros. Aerolia va porter ses effectifs sur le site tunisien à 750 salariés d'ici novembre 2010. Figeac a également investi 4 millions d’euros dans un nouveau bâtiment sur son site de Figeac.

Sources :

Figeac Aero

Figeac Aero s’engage en sous-traitance globale pour Aerolia

Un contrat de 75M€ entre Figeac Aéro et Aerolia

FIGEAC est spécialisé dans :

Aérostructures

Grandes pièces de structure / Pièces en Alliages légers / Pièces Métaux durs / Pièces précises / Assemblage / Formage

Moteurs

Aubes / Pièces moteurs