__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

30 avril 2010

AIRBUS : les allemands joueront ils encore le jeu avec les français ?

Cet article fait suite à la publication d’Usine Nouvelle « AIRBUS prépare son Yalta industriel ». Le très bon papier d’Hassan Meddah pointe les solutions trouvées par le management d’AIRBUS pour optimiser son modèle industriel et relever le défi du lancement de l’A350, de la rationalisation de l’A380 et de la préparation du successeur de l’A320, la poule aux œufs d’or d’AIRBUS.

FLYINTELLIGENCE est assez dubitatif quant à la réorganisation industrielle qu’entreprend le constructeur. La logique défendue est pourtant implacable : « Pour gagner en efficacité et compresser ses coûts, la direction d'AIRBUS a décidé de miser sur la spécialisation de ses sites d'assemblage. La ligne de partage des eaux, arrêtée par Louis Gallois, et confirmée par Tom Enders confie à Hambourg la charge des futurs monocouloirs, programmés pour l'après-2020, et à Toulouse celle des longs courriers (A330, A340, A350, A380). »

On est donc face un dilemme : optimisation du modèle industriel vs parité franco-allemande/participations croisées. De notre point de vue, le problème est de convaincre les allemands de jouer européen et pas uniquement allemand. On constate que nos sympathiques voisins d’outre-Rhin se sont évertués à reconstituer un savoir faire en Allemagne depuis les quinze dernières années et encore plus depuis la création d’EADS. Problème : cette politique d’accroissement de puissance industrielle aéronautique n’est elle pas en contraction avec l’idée même du consortium européen et de parité franco-allemande ?

L’Allemagne, force motrice : Jusqu’à présent, les allemands ont-ils eu un effet positif au sein d’AIRBUS ? Oui, sans aucun doute ! Ils sont depuis l’origine d’AIRBUS la pierre angulaire du constructeur. Sur les quarante dernières années, c’est la parité qui a prévalu. De plus la création d’EADS au tournant des années 2000 avec les allemands a permis au constructeur européen de voir sa part de marché passée de 20% en 1998 à plus de 50 % aujourd’hui. Les allemands ont aidé AIRBUS à conquérir le marché mondial de l’aviation commerciale au détriment de BOEING.

Problème de Supply chain : La spécialisation Allemagne = Monocouloirs / France = Longs courriers pose un premier problème essentiel, celui de la sous traitance. AIRBUS rappelle que l'assemblage ne représente que 5 % de la valeur d'un avion. Ceci signifie que la majorité de la valeur est apportée par les équipementiers et la supply chain. Or il est clair que les allemands privilégieront l’usinage, la production, l’approvisionnement chez des sous traitants du bassin d’Hambourg et non de la région Midi Pyrénées. Il n’y a qu’à regarder la déconfiture actuelle de LATECOERE pour voir comment chaque fournisseur sera sacrifié sans problème.

Problème de pérennité de la structure : Optimiser le modèle industriel d’AIRBUS de cette manière revient à creuser un sillon de plus en plus important entre deux activités, Monocouloirs / Longs courriers, qui ont peu de choses en commun. Le risque est qu’à la première friction politique, la tentation réapparaise de séparer plus encore le pôle France et le pôle Allemagne. Le risque est réel mais faut il blâmer les allemands ? Le top management français d’AIRBUS et d’EADS a montré depuis 2006 sa grande faiblesse (délit d’initiés et autres farces de ce genre). De plus, il est lamentable que les intérêts français au niveau de l’actionnariat soient si mal représentés. Le journal « Les Echos » pointait cette semaine la participation sans passion du groupe Lagardère. Du coup il n’est pas étonnant que les allemands aient souhaité consolider leur propre structure et prendre leur distance avec les pratiques françaises.

AIRBUS est à un tournant de son histoire. Le challenger, maintenance leader, doit renouveler sa gamme, faire face à BOEING et aux nouveaux entrants. Les options stratégiques qui se décident actuellement chez AIRBUS / EADS impacteront (hypothèqueront ?) grandement l’avenir de l’industrie aéronautique civile française .

Adrien

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Source :

USINE NOUVELLE :AIRBUS prépare son Yalta industriel

02 avril 2010

Figeac Aero scelle sa stratégie avec Aerolia

Figeac Aero a signé cette semaine un contrat évalué à 100 millions de dollars US avec AEROLIA, filiale d’EADS. Ce contrat porte sur l’étude et la production de planchers pour le futur A350XWB d’Airbus.

L’ingénierie sera assurée par la société Avantis, la production par Figeac. L’exécution de ce contrat se fera sur plusieurs années et devrait à terme mobiliser 40 salariés, soit près de 10 % des salariés de l’entreprise.

Figeac mise un maximum sur la montée en puissance du programme A350. En 2009, la société avait déjà remporté deux contrats relatifs aux ailes et aux mâts réacteurs de cet avion. Valeur estimée : 200 millions de dollars.

Le chiffres d'affaires CA 2009 a été de 47 millions d’euros contre 63 en 2008. L'objectif 2010 est d'atteindre les 62 millions d’euros de CA.

Investissements :

Aerolia et Figeac ont amorcé un partenariat portant sur la réalisation de pièces aéronautiques élémentaires en Tunisie, à MGhira. Les investissements consentis ont été de 7 millions d’euros. Aerolia va porter ses effectifs sur le site tunisien à 750 salariés d'ici novembre 2010. Figeac a également investi 4 millions d’euros dans un nouveau bâtiment sur son site de Figeac.

Sources :

Figeac Aero

Figeac Aero s’engage en sous-traitance globale pour Aerolia

Un contrat de 75M€ entre Figeac Aéro et Aerolia

FIGEAC est spécialisé dans :

Aérostructures

Grandes pièces de structure / Pièces en Alliages légers / Pièces Métaux durs / Pièces précises / Assemblage / Formage

Moteurs

Aubes / Pièces moteurs