__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

26 mai 2009

Airbus et les chinois en coopétition

Comme une nouvelle page de l’aéronautique et de l’histoire d’Airbus qui se tournent. Le premier vol de l’A320 construit sur la ligne d’assemblage de Tianjin… Il s’agit d’une nouvelle étape stratégique.Une étape risquée.

Pour les promoteurs du projet chez Airbus, cette étape était nécessaire voire incontournable. La Chine et les Etats Unis sont aujourd’hui les deux principaux clients d’Airbus. Un poids suffisant pour obtenir une contrepartie en demandant la construction d’une ligne d’assemblage à Tianjin. Tianjin, c’est le pôle aéronautique dynamique en Chine. Autour des industriels, on retrouve une myriade d’universités et de centres de recherche dédiés aux technologies du secteur.

Pour les opposants, certains stratèges d’Airbus ont ouvert la boite de pandore en offrant aux chinois des savoirs et des compétences auxquels ils n’avaient pas accès sans Tianjin. De plus, la Chine annonce clairement son souhait depuis plusieurs années de refondre son industrie aéronautique sur des standards modernes (américains et européens). En février 2009, la Chine annonçait sa volonté de développer ses propres moyens et longs courriers pour 2016. Airbus lui a-t-il donné les compétences manquantes pour réaliser son dessein ? La réponse n’est pas évidente. La bataille pour le ciel ne se joue pas uniquement sur le plan industriel. Les chinois devront faire leurs preuves sur la commercialisation et le support produit, la certification de l’avion en occident, la stratégie politique de promotion des avions, etc...

Airbus et l’industrie chinoise sont concurrents. De nombreux affrontements s’annoncent. Pourtant ils coopèrent sur de multiples projets et effectuent des transferts de technologie lorsque cela est nécessaire. Bref Airbus mène une stratégie de coopétition. Reste à savoir si elle sera payante à long terme.

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A lire aussi : Infoguerre "La Chine va-t-elle couper la tête du roi dollar ?"

10 mai 2009

L'United Aircraft Corporation au service de la stratégie de puissance russe


La Fédération de Russie s'est dotée en 2006 de cette structure visant à concilier stratégie d’entreprise et appareil d’Etat. Elle regroupe sous la forme de joint ventures, plusieurs des anciens programmes soviétiques dont la compagnie « Tupolev ». Il est à espérer que la super-entreprise d’Etat de l’aéronautique russe ait un destin autrement plus stable que l’autre aéronef aux ailes delta qui ne l’ont jamais portées en toute sécurité. L’équipe de direction regroupe des diplômés des plus prestigieuses institutions de formations supérieures d’ex-URSS ainsi que d’anciens membres du KGB. L’un des objectifs affichés de l’UAC est de « maintenir » (sic) la parité avec l’industrie aéronautiques européenne ou américaine.

L’institution vient de réorganiser son staff et poursuit le rachat des parts dans les diverses sociétés auxquelles elle est partie prenante. Mais est-ce là sa seule actualité ? Nous reviendrons sur la question.
Sources :
L’UAC est un prisme à l’aune duquel peuvent être observées les orientations du Kremlin. Ainsi doit être soulignée la décision de redéployer les activités aéronautiques dans des zones franches, faiblement soumises à l’impôt, telle Ulyanovsk.
Actuellement, l’UAC est occupée notamment au développement d’un Super-jetliner sur la base KNAAPO de Komsomolsk-on-Amur. Le MiG-35 est en concurrence avec le Rafale, le F A-18 Super Hornet de Boeing, le F- 16 Falcon de Lockheed Martin, le Gripen de Saab ou le Typhoon de Eurofighter.
En s’installant dans de nouvelles zones franches, la fédération opte donc pour un soutien fiscal à son industrie aéronautique suivant le modèle d’allègement fiscal singapourien. Elle ne manque pas de ressort interne. En effet, l’UAC a décidé de revoir à la baisse plusieurs de ses productions et le premier client n’est autre qu’Aeroflot, la grande compagnie russe que l’on imagine difficilement se plaindre de voir s’allonger les délais de livraison. Solidarité au sein de l’Etat oblige !
Le bilan des trois premières années d’existence de l’UAC révèle une stratégie de renforcement des positions russes, plus que d’un véritable entrisme. Dès avant la crise financière de 2008, la corporation avait revendu les 5% qu’elle détenait d’EADS. Les piliers de l’économie occidentale sont apparus quelque peu évanescents aux yeux des observateurs russes comme chinois. Entre un modèle d’économie très perméable, comme celui des Etats-Unis, ou moins dynamique mais plus stable, à l’instar de l’Inde ou du Brésil, l’UAC menée depuis la Place Rouge s’est bel et bien engagée dans un effort de concentration sur ses bases internes et le marché de l’aviation militaire dont le commerce se fait… entre Etats.
Sources :
http://www.russiatoday.com/Business/2009-05-20/Special_economic_zones_lure_United_Aircraft_Corporation.html
http://www.telegraph.co.uk/sponsored/russianow/5350541/Russian-Government-snaps-up-shipyard.html
http://www.chinadaily.com.cn/world/2009-05/22/content_7933402.htm
http://en.rian.ru/analysis/20090430/121398752.html
http://www.india-server.com/news/russia-and-india-launch-joint-military-7015.html

05 mai 2009

Airbus et Aerolia renforcent la production des pièces composites pour l'A350

Aerolia va investir 220 millions d’euros pour une nouvelle unité composite à Méaulte. La production sera destinée à l’Airbus A350XWB. L’unité composite s’étendra sur 18.000 m2 et sera intégrée au complexe déjà existant de Méaulte.

Grâce à Méaulte, «Aerolia entre ainsi dans le club très fermé des grands acteurs mondiaux des aérostructures composites » confirme Fabrice Brégier PCA d’Aerolia et Directeur général délégué d’Airbus.

Un investissement dans le prolongement du plan Power 8 : Aerolia, filiale à 100% du groupe EADS, est spécialisée dans l’aérostructure. Elle a été créée en septembre 2008 après que Louis Gallois ait changé le contenu du fameux plan Power 8. A défaut de trouver des repreneurs pour Méaulte et Saint Nazaire, EADS avait décidé de créer deux filiales, Aerolia et Premium Aerotech et d’investir 800 millions d’euros répartis entre la France, l’Allemagne et certains pays à bas coûts de main d’œuvre.

Aerolia a donc été chargée de superviser tous les aspects de structures métals et composites en reprenant les sites de Méaulte et de Saint Nazaire. Mais elle pilote aussi le déploiement d’Airbus en Tunisie où les autorités locales ont fait des efforts considérables pour convaincre le groupe aéronautique de sous traiter la fabrication de pièces grâce ( larges exonérations fiscales, mise à disposition des terrains et formation du personnel prise en charge par l'Etat tunisien).

Bref, Aerolia investit à Méaulte, Airbus mondalise sa production.

Source : http://www.objectifnews.com/node/364