
25 février 2009
Coriolis une société en plein boom dans l’aéronautique

18 février 2009
Approvisionnement stratégique : la diplomatie du lithium
Dans un article de 2008, Flyintelligence se penchait sur l'enjeu du lithium. Nous précisions que le groupe Bolloré espère pouvoir s'approvisionner en lithium en Bolivie pour la fabrication de batteries nécessaires au fonctionnement de sa future voiture électrique, la Blue Car. La Bolivie possède en effet d'importantes réserves de lithium. Or, le lithium constitue un combustible rentrant dans la composition de tritium, substance dont la réaction avec le deutérium permet la fusion nucléaire.
L'importance de cette ressource conduit Evo Morales, le chef de l'Etat bolivien, à orienter sa politique étrangère autour du métal mou. Martin Arostegui a rédigé un article pour le Washington Times le 10 février dernier (voir ici et ici) dans lequel il explique qu'Evo Morales, aux profondes convictions socialistes, n'entend pas laisser des entreprises étrangères épuiser les ressources minérales de son pays. Parallèlement à cela, l'Iran recherche des ressources pour son programme nucléaire. Or l'Iran et la Bolivie ont déjà conclu un accord de partenariat début 2007 d'un montant d'un milliard de dollars sur six ans. Puis, au cours de l'été 2008, la Bolivie a signé des accords diplomatiques et économiques avec la Libye et l’Iran. Selon l'article de Martin Arostegui, "une compétition internationale pour les minerais stratégiques boliviens pourrait avoir lieu, mettant en scène les constructeurs automobiles ainsi que l'Iran qui est à la recherche de ressources d'uranium pour son programme nucléaire". (…). "Les dirigeants d'entreprises craignent de voir Evo Morales s'aligner sur les positions du président vénézuelien Hugo Chavez et celles de l'Iran, ce qui pourrait avoir une influence décisive sur le choix de partenaires pour exploiter ces minerais stratégiques". (…). "Juste avant le référendum constitutionnel, M. Morales a ordonné aux troupes de saisir les installations de British Petroleum (BP) situées dans l'est du pays, région riche en hydrocarbures". (…). La Bolivie "a récemment repoussé les approches des japonais Mitsubishi et Toyota ainsi que du français Bolloré pour l'exploitation de concession de lithium".
Cette diplomatie des ressources naturelles en général et du lithium en particulier caractérise une situation de guerre économique. Dans notre article de décembre dernier, nous rappelions que le lithium peut aussi s'obtenir par dessalement de l'eau de mer (0.17mg/m3), engendrant une réserve potentielle de 230 000 millions de tonnes (voir notamment le dernier paragraphe de l'article).
Sources:
http://www.washingtontimes.com/news/2009/feb/10/mineral-wealth-political-weapon/
http://www.washingtontimes.com/news/2009/feb/10/mineral-wealth-political-weapon/?page=2
http://www.cei.ulaval.ca/fr/relations.themes.detail.php?b=1&id=XR48BFE6B2DD4E6
http://www.wikimapia.org/#lat=-20.0185165&lon=-67.457428&z=10&l=0&m=a
11 février 2009
Le lithium dans la détection des alliages
Flyintelligence a récemment publié un article sur l'enjeu industriel du lithium. Des chercheurs russes viennent de lui trouver une nouvelle fonction. Ils viennent en effet d'élaborer une méthode ayant pour but d'établir la teneur en lithium d'alliages utilisés en aviation, de conducteurs céramiques et d'autres matières. La méthode est basée sur l'évaporation de la surface pointée par un rayon laser avec l'analyse du spectre résultant du plasma laser ainsi formé.
Comment font-ils?
Un rayon laser puissant est dirigé à la surface du matériau analysé. Une lentille permet de concentrer le rayon de radiation sur une surface de seulement 0.34 millimètre, avec des intervalles de 15 nanosecondes entre chaque impulsion. Ainsi, en quelques nanosecondes, d'infimes parties de métal ont le temps de s'évaporer et se métamorphoser en plasma. L'image de torche laser obtenue est projetée par une autre lentille sur un spectrographe qui enregistre l'émission à différentes longueurs d'ondes. Il est possible d'identifier le contenu de plasma et, par conséquent, le matériau en soi, par son taux de lithium.
Le lithium a la propriété de combiner légèreté et durabilité, il est donc particulièrement adapté à la construction d'avions et la production de roquettes (on le trouve généralement dans certains alliages d'aluminium). Cette méthode permet d'identifier la quantité de lithium dans des alliages très différents. L'analyse n'endommage l'avion ou la fusée, parce qu'elle ne détruit pas plus que dix millièmes de milligramme de matière. C'est très peu, mais l'information sur la quantité de lithium est complète et précise. On peut ainsi identifier n'importe quel appareil, ainsi que sa provenance (Source: ADIT).
Sources:
10 février 2009
Développement durable et aéronautique, la recherche avance à grands pas…
La recherche sur les biocarburants avance. En effet, Japan Airlines vient de tester un biocarburant à base de plantes et d’algues. Le 30 janvier dernier, la compagnie aérienne « a réalisé avec succès un vol test d’un Boeing alimenté au biocarburant ».
Le biocarburant utilisé dit de deuxième génération était composé à 84% de cameline, de moins de 16% de jatropha et de 1% d’algae.
Avec ce test réussit, le Japon apparaît comme l’un des leaders dans ce domaine. R. BOUGHRIET nous rappelle d’ailleurs que « New Zealand (en décembre dernier) et Continental Airlines (début janvier) ont déjà réalisé des vols tests alimentés par l'agrocarburant de nouvelle génération le jatropha ». Haruka Nishimatsu, le PDG de la compagnie aérienne japonaise souhaite à ce propos « fortement contribuer à faire avancer la recherche sur l'utilisation de carburants alternatifs».
Ces compagnies aériennes doivent maintenant vérifier la validité commerciale du biocarburant. Pour cela, elles devront réaliser des tests plus poussés. Si ces test s’avèrent concluant, les premiers avions de ligne partiellement alimentés en biocarburant devraient voler d’ici 5 ans.
Sources :
http://www.enerzine.com/6/6863+japan-airlines-teste-une-biocarburant-issu-de-cameline+.html
http://www.lematin.ch/flash-info/sciences-environnement/aviation-jal-fait-voler-boeing-nouveau-bio-carburant06 février 2009
Un outil d'Intelligence Economique pour les PME/PMI de l'aéronautique
L'objectif est de proposer aux PME des accompagnements personnalisés, avec diagnostic et plan de formation, pour les conduire à mieux utiliser les outils de veille économique dans leur démarche stratégique, notamment les outils en lien avec la plateforme Iris d'Aerospace Valley. Cette initiative mise en oeuvre pour 18 mois pourrait s'élargir aux PME/PMI extérieures au pôle Aerospace Valley.
Découvrir l'outil IntelliEmip...
Il existe d'autres outils ou méthodes d'intelligence économique à destination des PME/PMI dont le site IELOVEPME se fait régulièrement l'écho. Parmi elles figurent notamment "MADIE" pour "Méthode d'Aide à la Décision par l'Intelligence Economique". Cette méthode, réalisée sous l'impulsion dun Groupe Technologies Avancées HEC, est la première qui guide pas à pas le dirigeant de PME de manière opérationnelle dans la mise en place d’une action d’intelligence économique.
MADIE - Méthode d'Aide à la Décision par l'Intelligence Economique:
IELOVEPME : Pour aller plus loin sur la Méthode d'Aide à la Décision par l'IE
IELOVEPME: MADIE, une méthode d'aide à la décision par l'intelligence économique
Pour aller plus loin:
http://www.aerospace-valley.com/
http://www.drire.gouv.fr/midi-pyrenees/
02 février 2009
Retour sur la stratégie d'Emirates
Depuis quelques années, Emirates achète une énorme quantité d'avions de grande capacité et dispose d'une flotte impressionnante...
Civile :
29 Airbus A330-200 , 8 Airbus A340-300, 10 Airbus A340-500, 4 Airbus A380-800
3 Boeing 777-200, 6 Boeing 777-200ER, 6 Boeing 777-200LR, 12 Boeing 777-300, 36 Boeing 777-300ER
Cargo :
1 Boeing 747-200F, 5 Boeing 747-400F , 4 Airbus A310-300F, 8 Boeing 777 Cargo
10 Boeing 747-8 Cargo (livraisons prévues pour 2010)
Mais surtout, Emirates a réalisé l'acquisition de 58 A 380-800 (devenant ainsi le plus gros acheteur de cet appareil) ainsi que de 70 A 350 (50 A 350-900 et 20 A 350-1000). A cela, d'autres avions sont également en commande au sein d'Emirates, à savoir:
48 Boeing 777-300ER commandés dont 19 inclus en leasing avec GECAS et dont la livraison est en cours.
8 Boeing 777F10 Boeing 748F (livraison prévue pour 2010)
Mais quelle est la stratégie d'Emirates pour réaliser autant d'acquisitions ?
Adrien nous expliquait dans un post en date du 19 novembre 2007 qu'Emirates monte en puissance. Depuis 2002, la compagnie a doublé son parc d’aéronefs ; elle a presque triplé son chiffre d’affaires pour s’installer à la neuvième place mondiale dans la hiérarchie des compagnies. Pour 2012, Emirates vise 40 millions de passagers transportés par an !
Emirates tire profit de la déréglementation du secteur aérien. Ce mouvement touche le secteur tout entier. Historiquement encadré par de lourdes contraintes, le transport aérien s’est développé vers de nouveaux horizons grâce à une législation allégée : de nouvelles lignes ouvertes, c’est une intensité concurrentielle accrue !
Par le biais d’une stratégie offensive, le groupe se positionne clairement comme un challenger face aux ténors occidentaux. En utilisant le développement de Dubaï et de son hub, Emirates compte réorienter les flux mondiaux de passagers à son profit. Comment ? En jouant de sa position de pivot entre l’Afrique et l’Asie ; entre l’Asie et l’Europe.
Les conséquences d’une telle réorganisation sur le secteur aéronautique seront directes en Europe. Moins de transit sur les hubs européens, ce serait moins d’activité sur toute la chaîne de l’aérien (des sous traitants aéroportuaires jusqu’aux compagnies).
Les questionnements sur le financement du développement d’Emirates prennent de l’ampleur. D’aucuns accusent Emirates de bénéficier de subventions venant du riche Etat pétrolier et d'évoluer dans une opacité financière !
En outre, Emirates a noué un grand nombre de partenariats sportifs en Europe, comme je vous en avais déjà parlé le 17 janvier 2008. Petit rappel:
Emirates est en effet partenaire officiel du Team BMW Oracle sur la Coupe de l'America (voile), de l’écurie Mac Laren Mercedes en Formule 1 et, plus récemment, elle a été sponsor officiel de la dernière Coupe du Monde de Rugby qui s’est déroulée en France aux mois de septembre et octobre 2007. Mais c’est surtout dans le football qu’Emirates investit le plus d’argent. La compagnie de Dubaï est tout d’abord sponsor officiel (pour la période 2007-2014) de la FIFA, organisatrice de la Coupe du Monde de football (deuxième événement sportif mondial après les Jeux Olympiques). A ce titre, elle fait partie du cercle très restreint des six partenaires de la FIFA (les cinq autres étant Adidas, Coca-Cola, Hyundai, Sony et Visa). En outre, Emirates est partenaire du Paris-Saint-Germain, du Hambourg SV, du champion d’Europe 2007 le Milan AC (depuis septembre 2007) mais aussi et surtout du club londonien d’Arsenal. Outre le flocage traditionnel sur le maillot des Gunners, Emirates a financé et donné son nom au stade du club (Emirates Stadium). Cette pratique appelée le naming, consistant pour une marque à donner son nom à une enceinte sportive, tend à devenir courante en Angleterre et en Allemagne (Emirates Stadium à Londres, Reebok Stadium à Bolton, Allianz Arena à Münich, AOL Arena à Hambourg) et des projets similaires existent en France, au Mans et à Lyon. Par ailleurs, la compagnie émiratie a donné son nom à une compétition de football éponyme (Emirates Cup) qui s’est déroulée pour la première fois à l’été 2007.
Cependant, la réelle vocation de ce sponsoring sportif réside dans la volonté de promouvoir Dubaï et de se développer à l’échelle internationale. Plus Emirates grandit et devient un poids lourd dans le monde des compagnies aériennes plus son portefeuille d’événements s’accroît, lui permettant ainsi de diversifier ses investissements sportifs.
Au surplus, le choix des clubs sponsorisés par Emirates est éminemment stratégique puisque Londres, Milan, Paris et Hambourg constituent des hubs incontournables sur le marché européen du transport aérien. Le hub est un aéroport où une compagnie centralise ses correspondances entre les différentes destinations qu’elle dessert. Il s’agit d’un concept développé dans les années 1980 et destiné à optimiser le remplissage des vols.
Le partenariat conclu avec la FIFA (195 millions d’Euros), faisant d’Emirates le sponsor officiel de la Coupe du Monde de Football, est lui aussi stratégique. En effet, autant les clubs jouent toujours au même endroit, autant la Coupe du Monde est organisée tous les quatre ans en rotation sur les différents continents. Ainsi, si la dernière Coupe du Monde (2006) s’est tenue en Europe (en Allemagne), la prochaine édition (2010) se déroulera pour la première fois de l’histoire sur le continent africain (en Afrique du Sud) : Emirates ne pouvait pas mieux rêver pour s’implanter durablement en Afrique. Il en est de même pour l’édition 2014 qui se déroulera au Brésil. Emirates aura ainsi l’occasion d’accroître ses parts de marché en Afrique et en Amérique du Sud grâce à ses partenariats sportifs.
Il n’y a pas de quoi être surpris par le dynamisme singulier d’Emirates. Le directeur d’Emirates France, Jean-Luc Grillet a déclaré il y a déjà quatre ans qu’ « Emirates n’est pas une compagnie aérienne, c’est le vecteur du développement de Dubaï ». Selon l’I.A.T.A. (International Air Transport Association soit l’Association internationale du transport aérien), Emirates était en 2006 la neuvième compagnie mondiale en terme de passagers transportés à l’international avec 16,75 millions de passagers. Ajoutons à cela une flotte de 111 avions et 246 appareils en commande, notamment les 58 Airbus A 380 et 70 Airbus A 350 (assortis d'une option sur cinquante autres) évoqués ci-dessus et commandés lors du salon de Dubaï de novembre 2007. La flotte d’Emirates a ainsi dépassé celle de la Lufthansa en 2008. Et Emirates affiche un bénéfice net de 561 millions d’euros, faisant ainsi partie des cinq compagnies les plus rentables du monde. Son introduction en bourse ne devrait plus tarder puisque le PDG de la compagnie, Cheick Ahmed Bin Saïd Al Maktoum, également patron de l’aéroport et de l’aviation civile émiratie, a récemment fait valoir qu’elle « faisait partie intégrante de la stratégie du groupe ».
Sources:
http://www.emirates.com/be/french/about/sponsorships/football/ac_milan.aspx
http://www.emirates.com/be/french/about/sponsorships/sponsorships.aspx
http://www.emirates.com/fr/french/flying/our_fleet/our_fleet.aspx
http://www.emirates.com/fr/french/
http://www.hsv.de/