__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

28 septembre 2008

Ecoles aéro et laboratoires R&D en Poitou-Charentes : faire savoir le savoir-faire


L’équipe de Flyintelligence s’est rendue au salon Aerotop 2008 organisé par la 3AF (Association Aéronautique et Astronautique de France) sur la zone aéroportuaire de Poitiers-Biard. Je tenais à davantage faire connaître les activités de recherche et de développement dans le domaine de l’aéronautique menées en Région Poitou-Charentes, région située à mi-chemin entre le pôle Aerospace Valley de Midi-Pyrénées et Aquitaine et le pôle AsTech de l’Ile de France.
L’Ecole Nationale Supérieure de Mécanique et d’Aérotechnique constitue un établissement public administratif (EPA) rattaché à l’Université de Poitiers.
La fédération de laboratoires « PPRIMME » (Pôle Poitevin de Recherche pour l’Ingénieur en Mécanique, Matériaux et Energétique. Cette fédération rassemble six laboratoires :

Le Laboratoire de Mécanique des Solides, au sein duquel l’équipe « Mécanique et Contact Lubrifié » travaille sur l’étude du comportement des films fluides dans les contacts lubrifiés en intégrant des phénomènes rhéologiques, dynamiques et thermiques des lubrifiants et des structures environnantes. Rappelons que la rhéologie constitue la science qui étudie les déformations et l'écoulement de la matière. Elle a pour objet d'analyser les comportements mécaniques des substances et d'établir leurs lois de comportement. Il s’agit d’une branche de la mécanique qui étudie les rapports entre la viscosité, la plasticité et l'élasticité de la matière, ainsi que le comportement de celle-ci sous l'influence des pressions (définition Futura-Sciences). Les recherches menées par cette équipe permettent l’étude d’organes de machines industrielles tels que les paliers, les butées, les films amortisseurs ainsi que les joints d’étanchéité à liquide et à gaz. Cette équipe a ainsi travaillé sur la turbopompe du lanceur Ariane 4.
Le Laboratoire d’Etudes Thermiques est une unité mixte de recherche rattachée au CNRS, à l’ENSMA et à l’Ecole Supérieure des Ingénieurs de Poitiers (ESIP). Sa vocation est d’étudier les transferts de chaleur à la fois sous des aspects fondamentaux et pour des applications industrielles, en particulier dans les domaines des transports et de l’énergie. De par ses activités de recherche sur le thermique des composants électroniques, Le Laboratoire d’Etudes Thermiques joue un rôle actif dans le développement de l’aéronautique et du spatial. Ses principaux axes de recherches consacrés à l’aéronautique et au spatial sont l’étude du refroidissement de parois à haute température (chambre de combustion, aubes de turbine) par injection de fluide ou impact de jet ainsi que l‘étude du refroidissement de systèmes électroniques embarqués par composants diphasiques. La mécanique des fluides diphasique constitue l’étude des phénomènes d’écoulement simultané de plusieurs fluides : un fluide en deux phases différentes, deux fluides différents en une seule phase ou deux fluides en deux phases différentes. Le LET collabore notamment avec des grands comptes de l’aéronautique et du spatial, tels Airbus, Alcatel Alenia Space, EADS Astrium, le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), Hispano-Suiza, Liebherr Aerospace, l’ONERA (Office national d'études et recherches aérospatiales), la SNECMA (, Turbomeca, etc…, avec des spécialistes de la chimie fine et des gaz industriels (Air Liquide, Société Nationale des Poudres et des Explosifs) ainsi qu’avec le pôle Aerospace Valley.
Le Laboratoire d’Etudes Aérodynamiques travaille sur la mécanique des fluides, particulièrement sur les écoulements instationnaires (instables dans le temps) turbulents ou non. Il a noué de nombreuses collaborations avec des industriels de l’aéronautique et du spatial (SNECMA, Dassault Aviation, l’ONERA, le CNES, etc…).
Le Laboratoire de Métallurgie Physique constitue une unité mixte de recherche de l’Université de Poitiers et du CNRS. Il est positionné sur la physique fondamentale appliquée aux matériaux.
Le Laboratoire de Mécanique et de Physique des Matériaux conduit des études fondamentales axées sur le comportement de la durabilité des matériaux dans des conditions diverses de sollicitation, de température et d’environnement. Son savoir-faire sur la science des matériaux l’a conduit à nouer des partenariats avec EADS, Airbus, Dassault Aviation, l’ONERA ainsi qu’avec des structures du groupe SAFRAN (Messier-Bugatti, SNECMA, Turbomeca).
Le Laboratoire de Combustion et de Détonique dont la mission est de mener des études de recherche fondamentale sur les phénomènes de combustion (flammes, écoulements turbulents réactifs, détonations, chimie de la combustion), de propagation des chocs dans les solides et de transferts dans les milieux poreux.
Le Centre d’Etudes Aérodynamiques et Thermiques de l’Université de Poitiers (CEAT) travaille sur l'aérodynamique compressible et incompressible, l'aéroacoustique, la combustion et la détonique. Il regroupe – entre autres - le Laboratoire d'Etudes Aérodynamiques, le Laboratoire de Combustion et de Détonique, le Laboratoire de Mécanique des Solides.
Tout ce savoir-faire local participe pleinement à la compétitivité et aux succès de nos fleurons industriels de l’aéronautique et du spatial. Les différents partenariats noués par les structures évoquées ci-dessus permettent à ces dernières de financer leur recherche fondamentale par la recherche appliquée. Néanmoins, la bonification efficiente de ces compétences passe par un volontarisme républicain dans le soutien à la recherche fondamentale. Car la recherche est fondamentale pour l’industrie. Au delà de l’écart grandissant entre les ambitions que l’on se fixe et les moyens que l’on se donne, il convient de faire connaître ce type d’initiatives chaque fois qu’il y a lieu, afin de mettre durablement sur pied une économie de la connaissance destinée à rationaliser nos investissements.

17 septembre 2008

Le choix d'Airbus en Tunisie est il pertinent?

Parmi les mesures annoncées le 9 septembre, le président d’EADS souhaite la création d’usines de sous traitance en Tunisie. Cette décision s'intègre dans le plan Power 8+.Le plan Power 8+ prévoit une montée en puissance des équipes dans les pays à forts potentiels de croissance et chez le principal client d'EADS, les Etats Unis.

Deux filiales sont crées : la première filiale à 100%, Aerolia, se charge de superviser tous les aspects de structures métals et composites en reprenant les sites de Méaulte et de Saint Nazaire. Elle va superviser le déploiement en Tunisie. La seconde, Premium Aerotech, regroupe les sites de Varel, Augsbourg et Nordenham. Elle va conduire la mise en place d'équipes en Roumanie dans les prochains mois.

Ces options stratégiques sont justifiées par la Direction du groupe

Les pièces basiques seront crées en Tunisie et les éléments à haute valeur ajoutée resteront en Europe. Pour s'implanter, l'Etat tunisien a offert des conditions idéales pour un investisseur : très larges exonérations fiscales, mise à disposition des terrains et formation du personnel prise en charge par l'Etat.

Le taux de change dollar/euro handicape le groupe. Une forte partie des revenus d'EADS sont libellés en dollars contre seulement la moitié de ses dépenses.

Pour Louis Gallois, étant donné l'accroissement prévue de la production (de plus de 50 % entre 2007 et 2011), il n’y a aucune inquiétude à avoir sur la pérennité du constructeur en Europe.

Même tonalité du côté du gouvernement qui perçoit l'offre tunisienne comme une opportunité plutôt qu'une menace : «Plus l’EADS gagne des parts de marché dans le monde, plus on a des chances qu’il maintienne des usines dans notre pays et des centres d’innovation» (Luc Chatel).

Le Medef et sa présidente se positionne : «Il faut accepter qu’il y ait des déplacements d’activités, pour permette l’installation d’autres activités à plus grande valeur ajoutée en France ».

Stratégiquement, est ce viable ?

Il est indéniable que financièrement EADS doit s'adapter à la donne mondiale. Mais les soupçons demeurent forts :

- Boeing, qui a mené une externalisation à outrance, subit aujourd'hui de graves problèmes logistiques. (une année de retard sur le 787).

- Il faut faire preuve d'audace : le path dependance conduit souvent à imiter des pratiques industrielles étrangères qui ne correspondent pas aux substrats économique et culturel européen.

- Il est faux de prétendre que l'on peut dissocier durablement les unités de production des centres d'innovation. L'effet d'entrainement est indéniable. D’ailleurs EADS renforce au maximum ses bureaux d’études à l’étranger remplis d’ingénieurs locaux. Pour être innovant, il faut une fluidité de l'information dans l'entreprise : ingénieur, maitre d'œuvre ou techniciens doivent pouvoir échanger. Il suffit de reprendre l'adage Made in China pour s'apercevoir qu'on vit de plus en plus dans le Design in China. Les centres de production deviennent des foyers d'innovation !

- Les efforts consentis par l'Etat tunisien sur l'octroi de facilité d'implantation peuvent être accomplis par les Etats européens. C'est un comble de ne pas offrir à un groupe de l'envergure d'EADS des zones franches en Europe pour accompagner son développement.

- Enfin on pourrait discuter l’idée suivante : il faut construire des usines d’assemblage chez nos meilleurs clients (ndrl : Chine, Etats Unis, sans doute Tunisie….). Depuis quand la vente de produits justifie le fait de déplacer les usines ? Si l’on appliquait ce principe aux millions de produits asiatiques qui arrivent en Europe, il est certain que l’on aurait un tissu industriel vigoureux !

Sources:

http://www.airbus.com/en/presscentre/

http://www.investir.fr/cours-actions-cotation/FR/ISI/cours-EADS-NL0000235190-EAD/infos-conseils/95165/EADS:_relance_la_restructuration_chez_Airbus.html

http://www.lefigaro.fr/societes/2008/09/10/04015-20080910ARTFIG00324-eads-et-airbus-pressent-le-pas-pour-se-mondialiser-.php

http://www.tunisiait.com/article.php?article=2958

http://www.investir-en-tunisie.net/

http://www.leblogfinance.com/2008/09/airbus-delocali.html