__________________________________INNOVATION on ENGINEERING, MANUFACTURING, FINANCING shaping the AEROSPACE INDUSTRY

20 janvier 2008

L'Inde: l'autre Puissance d'Asie

L’Asie compte des puissances pour qui l’aéronautique est vitale. C’est le cas du plus grand compétiteur asiatique de la Chine : l’Inde. Ce pays-continent dispose des capacités scientifiques et industrielles pour développer comme lui ses capacités de frappe.

Tout d’abord dans le domaine balistique l’Inde souhaite décupler ses capacités et sa volonté s’exprime dans les projets hautement symboliques que sont les missiles BRAHMOS et AGNI ; mais l’Inde a développé son propre chasseur, tout comme la Chine, et prépare la relève !

Grâce à l’apport technologique Russe, une joint venture a été créée entre les deux pays pour la mise au point et la commercialisation du missile de croisière BRAHMOS qui peut être de trois versions : sol-sol ou terre-mer, mer-mer ou air-mer (depuis un Su-30MKI). Une variante sous-marine est en cours de développement. Dans sa version navale, le BRAHMOS est supersonique (Mach 2,8) a une trajectoire rasante et une portée max de 300km (à comparer avec les capacités de l’exocet : missile subsonique Mach 0,9 et 180km de portée seulement). Récemment l’Inde a décidé d’investir 250 millions US$ pour développer une version du missile pouvant voler à Mach 5. On le voit ce missile donnera à la marine indienne et à ses forces armées en général des capacités de loin supérieures à ce que dispose toues les marines européennes et chinoise !

Le missile AGNI consiste lui en un missile balistique à capacité nucléaire (notez que le BRAHMOS pourrait être équipé lui aussi) initiale, de conception nationale. Il existe en trois versions : AGNI 1 DE 2500km de portée ; l’AGNI 2 de 3000km de portée théorique, et l’AGNI 3 (en développement) de 5000 km de portée à terme. Ces missiles représentent avec le missile de théâtre PRITHVI les vecteurs de la dissuasion nucléaire indienne.

Mais l’Inde ne sera jamais une puissance aéronautique complète si elle ne développe pas son aéronautique militaire, et le dernier appel d’offre international pour acquérir un chasseur de dernière génération (9 milliards US$) pourrait bien être le dernier du genre, et voir les russes remporter le marché assez logiquement. En effet l’Inde et la Russie veulent développer en commun un chasseur de 5ème génération : c’est l’objet de l’accord signé à Moscou en octobre 2007 pour le projet PAK FA (Future Tactical Aviation Aircraft Complex).

Contrairement au F-22 RAPTOR US le projet russo-indien prévoit un avion tant furtif qu’hyper manœuvrable via des tuyères mobiles développées pour le Su-27, ainsi qu’un radar et des missiles à longues portées. A noter que le radar disposera de capacité de brouillage (existant déjà sur des Mig 29 et qui pourrait exister sur le RAFALE cette information n’ayant jamais été confirmée). Le mariage entre le génie aéronautique russe et le génie électronique et informatique indien devrait donner un résultat très intéressant.

Mais ce projet en commun ne signifie pas que l’Inde ne sait pas construire de chasseur de manière autonome : elle a en effet développé par elle-même le LCA (LIGHT COMBAT AIRCRAFT) (photo). La décision de développer ce projet fut prise en 1983 pour remplacer les Mig-21 et les caractéristiques techniques sont fixées en 1990. Le projet recevra l’appui de constructeurs européens comme DASSAULT, SAAB, et BAE, et son design montre que les ingénieurs indiens se sont inspirés du mirage 2000 et du F-18 pour les entrées d’air.

L’appareil sera à terme équipé d’un réacteur de conception nationale KAVERI GTX-35VS double flux de 8,5 tonnes de poussée (SNECMA SAFRAN fournissant les filtres et les régulateurs). Le radar doppler multi-cible est développé par HAL avec l’aide d’industriels étrangers, tout comme l’avionique (THOMSON-CSF aujourd’hui THALES) et une centrale inertielle fournie par l’américain HONEYWELL.

L’avion sera équipé de missile russe R-73 VYMPEL et du missile de conception nationale ASTRA.

Initialement prévu pour entrer en service en 1995 le LCA a fait son premier vol en 2001. Malgré le retard du projet et les difficultés de son développement, cet appareil donne aux industries indiennes des compétences et une expérience certaine au moins égale à ce que la Chine peut faire.

On le voit là encore, l’Inde entend développer ses compétences pour faire face à la Chine mais aussi pour s’installer pleinement à la table des grandes puissances. Notons que la Russie s’installe comme un acteur moteur de l’essor indien dans l’aéronautique.

Caractéristiques du LCA :

Envergure : 8,2 mètres

Longueur : 13,2 mètres

Hauteur : 4,4 mètres

Surface alaire : 37,5 m²

Masse à vide : 5,5 tonnes

Masse maximale : 12,5 tonnes

Motorisation :

Prototype : 1 General Electric F404-GE-F2J3

Avions de série : 1 TSEA GTX-35VS

Vitesse maxi : Mach 1.6

Plafond : 15 000 mètres

Rayon d'action : 1 000 km

Armement fixe : 1 canon GSH-23 de 23 mm alimenté par 220 obus.

Capacité carburant : 3 000 litres

Facteur de charges : +9 / -3 G

Charge utile : 4 tonnes

L’Inde a développé une base industrielle reposant sur de nombreux acteurs, tant institutionnels que privés, lesquels sont encadrés par des instituts publics qui fédèrent leurs avancées. Ces acteurs ont en général acquis leur expérience en important en Inde des produits étrangers. Pour en savoir plus je vous renvoie sur ce site très bien fait : http://www.siatiaero.com/siatimembers.asp

14 janvier 2008

L’Empire Céleste se donne des ailes

En novembre dernier, nous faisions état des risques pris par Airbus de transférer une partie des technologies de l’A 350. Les craintes qui étaient hier les nôtres, et qui le demeurent, sont confirmées par la couverture du quotidien La Tribune du Vendredi 04 janvier 2008 rapportant le « plan de la Chine pour rattraper Airbus et Boeing ».

Il ressort de cette information que la Chine va fusionner les activités civiles de ses deux avionneurs, Avic 1 et Avic 2 , débouchant ainsi sur la constitution d’un groupe aéronautique d’envergure analogue à Airbus ou Boeing. Ce nouvel avionneur construira un appareil long-courrier de plus de 150 places dont le lancement est envisagé pour 2020. Or, la Chine vient d’achever il y a deux semaines la réalisation de l’ARJ-21. En effet, un peu plus du tiers des pièces de ce nouvel avion est issu de composants non chinois.

Quels sont les enseignements de cette information ?

Tout d’abord, la Chine développe une stratégie de puissance : elle souhaite obtenir le maximum de technologies de la part des sociétés occidentales pour créer des champions nationaux capables de s’imposer à l’international dans des secteurs stratégiques. Il n’est pas rare de voir les Etats occidentaux accuser depuis plusieurs années la Chine d’espionnage économique et informatique.

S’agissant du secteur aéronautique, la Chine poursuit des programmes ambitieux, aussi bien sur le marché du vol long-courrier que du vol moyen-courrier ; aussi bien pour les avions gros-porteurs que moyens-porteurs !

Par ailleurs, est-il besoin de rappeler que la Chine n’est pas le seul pays émergent à faire de l’aéronautique une priorité stratégique ?

- Le Brésil, avec Embraer spécialisé dans les courts et moyen-courriers.
- La Russie, qui a récemment présenté son nouveau Sukhoï Superjet 100.

Quoiqu’il en soit, les choix des autres nous renvoient à nos propres choix, si tant est que nous en ayons fait. Il serait souhaitable que l’Europe en général et la France en particulier se dotent d’une stratégie d’intelligence économique plus en adéquation avec la politique de promotion et d’accompagnement à l’industrie affichée par les décideurs politiques. Car force est de constater que le soutien apporté à nos entreprises, particulièrement dans le secteur aéronautique, est encore au milieu du gué et implique de remettre l’ouvrage sur le métier afin de lui donner une réalité d’ensemble.


Sources :
La Tribune
http://www.lemoci.com/articles/20080104100913.Etats-Unis-et-Allemagne-grandes-victimes-de-l-espionnage-industriel-en-2007.html
http://www.chine-informations.com/actualite/les-pratiques-chinoises-inquietent-le-contreespionnage-britannique_3920.html http://www.journaldunet.com/solutions/securite/actualite/07/0829-piratage-economique-allemagne-chine.shtmljournaldunet.com/solutions/securite/actualite/07/0829-piratage-economique-allemagne-chine.shtml

06 janvier 2008

Quand la chine s’éveillera…

Auparavant absents ou peu présents dans l’aéronautique pour ce qui est de la construction d’appareils, la Chine a décidé de se réveiller dans ce domaine stratégique.
En effet, corrélativement à la décision annoncée par Hu Jintao de fusionner les industriels aéronautiques chinois Avic 1 et Avic 2 pour que la nouvelle entité puissent produire des avions de lignes long courriers pour ainsi concurrencer Airbus et Boeing, l’armée de l’air chinoise reçoit désormais ses chasseurs dernière génération de conception nationale modernes.

Remplaçant les J-7 et les Q-5, le Jiang-10 est réceptionné par l’armée de l’air chinoise. Construit vraisemblablement avec l’aide d’industriels israéliens et russes le J-10 est présenté comme étant un chasseur de quatrième génération comme les Eurofighter, Gripen, et autres Rafales.

Les médias sont partagés sur les capacités de cet appareil, et les services officiels chinois ne sont pas très diserts : certains soulignent le difficile développement du J-10 et les nombreux problèmes rencontrés, d’autres pensent qu’il aurait une manœuvrabilité supérieure au Typhoon et du FA-18 Super Hornet. Son radar serait performant et s’articulerait autour du radar du Su-27 russe, ou un radar de conception nationale le JL-10A. Multi rôle, l’appareil dispose de 11 pylones d’emports pour une capacité de 4500 kg d’emport. Equipé au départ d’un moteur russe Lyulka la Chine développerait le sien : le moteur Taihang.

Notons que l’appareil ressemble pour le nez au F-16 et plus fortement à l’Eurofighter Typhoon et au JAS-39 GRIPEN, avec des entrées d’air similaires des ailes canards à l’avant et des ailes delta.

La conception d’appareil militaire n’est pas chose aisée, et si certains soulignent les difficultés rencontrées par les industriels chinois, il ne faut pas douter de la volonté des autorités : pour être forte, la Chine doit disposer d’une aviation moderne et efficace. Si des défauts sont rencontrés ils seront vite corrigés.

Enfin, au coût surement compétitif auquel il sera proposé, cet appareil risque d’intéresser de nombreux pays ne pouvant pas aligner l’argent pour l’achat d’appareils US ou européens.

Pour le moment la Chine n’est pas passée à la vitesse supérieure pour ce qui est des appareils commerciaux de transport long courrier, mais cela fait parti des objectifs fixés.

Fiche technique du J-10 Moteur : 1 Lyulka-Saturn AL-31F Puissance : 12500 kgp Envergure : 8,78 m Longueur : 14,57 m Hauteur au sol : 4,78 m Surface alaire : 33,10 m² Masse à vide : 9750 kg Masse maximale : 18 500 kg Plafond pratique : 18 000 m Vitesse maximale : Mach 1,85



Fiche technique du General Dynamics F-16A Fighting Falcon
Envergure: 9,45 m
Envergure missiles compris: 10,01 m
Longueur: 15,09 m
Hauteur: 5,09 m
Surface alaire: 27,87 m²
Envergure de l'empennage horizontale: 5,64 m
Masse à vide: 7 070 kg
Masse maximale au décollage sans réservoirs exterieurs: 10 800 kg
Masse maximale au décollage avec charge extérieure: 16 055 kg
Vitesse maximale en configuration lisse : 1 150 noeuds (environ 2 125 km/h)
Plafond opérationnel: 50 000 pieds (environ 15 240 m)
Rayon d'action tactique: 500 nautiques (environ 925 km)
Distance franchissable: 2 100 nautiques (environ 3 890 km)
Vitesse à basse altitude : Mach 1 (660 noeuds soit 1200 km/h environ)
Vitesse à haute altitude : Mach 2
Armement: 5 445 kg de charge offensive
La fiche technique du JAS-39 GRIPEN:
Équipage : 1-2 pilotes
Longueur : 14.10 m (46.3 pieds) – Version 2 sièges : 14.80 m (48.5 pi)
Envergure : 8.40 m (27.5 pieds)
Hauteur : 4.5 m (14.7 pieds)
Surface alaire : 25.54 m² (275 pieds²)
Masse à vide : 6 620 kg (14 600 lbs)
Masse maximale au décollage : 14 000 kg (31 000 lbs)
Distance franchissable : 800 km
Vitesse maximale : 2300 km/h (Mach 2)
Plafond opérationnel : 50 000 pi (15 000 m)
Motorisation : 1 × turboréacteur Volvo Aero RM12 de 54 kN (12 000 lbs) de poussée (80 kN (18 000 lbs) avec post-combustion)

Fiche technique du Rafale:
Envergure 10,86 m , Surface alaire 45,70 m2, Longueur 15,27 m, Hauteur 5,34 m, masse A vide : classe des 10 tonnes, Maximale au décollage sur piste : 24,5 t, Charge externe max. 9500 kg, Points d’emports externes : 14 au total (13 sur les versions navales) dont 5 capables pour charges lourdes (2000 kg) ou carburant.
Vitesse maximale:basse altitude : 750 noeuds, haute altitude : Mach 1,8, Vitesse d’approche : 110 nœuds
Plafond pratique: 18 0000 mètres.
rayon d'action: jusqu’à 1600 km.
propulsion: 2 Turboréacteurs M88-2 à double flux d’une poussée de l’ordre de 5 tonnes à sec et de 7,5 tavec post-combustion.
Optronique secteur frontal
Système d’autoprotection SPECTRA
Radar à balayage électronique 2 plans RBE2 permettant la mise en œuvre simultanée de plusieursmodes.

Fiche technique de l'Eurofighter Typhoon:
Armements : 1 canons DEFA de 27 mm, missiles Air-Air Sidewinder, AMRAAM, Meteor, Skyflash, bombes, roquettes, bombes guidées laser, bombes anti-pistes, missile APACHE, Storm Shadow.
Equipements : radar doppler GEC-Marconi ECR90, capteur infrarouge, antenne d'alerte missile radar, pods de brouillage actif, ravitaillable en vol.
Capacités Opérationnelles : défense et supériorité aérienne, assaut conventionnel (guidé laser ou non guidé).
Longueur : 15,96 mètres
Envergure : 10,95 mètres
Hauteur : 5,28 mètres
Poids à vide : 11 tonnes
Poids maxi au décollage : 23 tonnes
Emport de carburant interne : 4 tonnes
Moteurs : 2 Eurojet EJ200-3A
Poussée : 2x6 tonnes
Vitesse maximum : Mach 2
Autonomie : 1390 km